Université d'Orléans

Le mot du directeur

De nos jours, la question du développement durable concerne la plupart des chercheurs en sciences humaines s’attachant à décrire et comprendre les sociétés actuelles. Mais, dans le vaste champ des sciences humaines, le regard du géographe sur le développement durable possède une singularité et une valeur toutes particulières. Car le géographe aborde la question de la durabilité à travers le prisme du territoire. Or, le territoire est précisément une interface infiniment différenciée et riche de multiples enjeux où la question majeure de l’équilibre entre les sociétés et les ressources se pose de la manière la plus aiguë. Dans sa double dimension physique et humaine, le territoire par ses ressources mais aussi sa finitude concentre toutes les potentialités et les fragilités, subit toutes les convoitises et les conflits d’usage entre acteurs, enregistre toutes les fragmentations, tous les métissages et les recompositions économiques, sociologiques et géopolitiques.

À l’heure où la population mondiale pourrait passer des actuels 7 milliards d’habitants à près de 9 milliards en 2050 (estimations ONU, 2011), à l’heure de l’émergence accélérée et parfois inquiétante des BRIC, notamment de géants géographiques, démographiques et économiques (Chine, Inde, Brésil, Russie…), mais aussi un jour de l’Afrique, le visage du « Système-monde » se transforme de manière radicale en ce début de XXIème siècle et l’humanité n’a jamais été confrontée à autant de défis majeurs en matière de développement durable.

Étude à plusieurs échelles de la différenciation, de l’organisation et de la dynamique des territoires, la géographie n’a jamais été aussi indispensable et pertinente pour offrir des clés à même de décrypter ce monde nouveau en gestation. Pour essayer d’appréhender un objet complexe et parfois insaisissable, le géographe dispose de méthodes et d’outils qui lui sont en partie propres : enquêtes de terrain, cartographie et géomatique, instrumentation in situ. Ainsi, à la fois proche des sciences dures, des sciences de l’ingénieur, mais presque toujours profondément ancrée dans le champ des sciences humaines et sociales, tour à tour résolument empirique ou au contraire technique, la géographie se présente comme une science plurielle, totalement ouverte sur nombre de disciplines (aménagement, sociologie, architecture…), et toujours comme une science de l’actuel.

Dans le vaste champ des possibles, les géographes orléanais ont choisi d’étudier les relations entre géographie et développement durable à travers certains types de territoires ou thèmes de recherche privilégiés :

 

Dans le détail, cette tripartition est loin de rendre compte de la multiplicité des recherches qui se font au sein du CEDETE comme le montrent les mots-clés (cf.).

Le laboratoire entretient des synergies fortes avec le Master GEOGRAM (géographie-aménagement) et attire un flux régulier de doctorants. Tel quel le CEDETE, régulièrement réhabilité depuis plus de 20 ans, apparaît comme un laboratoire de taille moyenne représentant un observateur privilégié de la transition en cours d’un mode de développement non-durable vers un nouveau mode de développement alternatif plus durable.  

 

G.Giroir

Guillaume Giroir

Directeur du laboratoire Cedete


Mots clés

Russie ; Arménie ; Chine ; Brésil ; Burkina Faso ;  Eaux dormantes et corridors fluviaux ; Développement local et solidaire. Etangs ;  zones humides, désertification, aires protégées, espaces ruraux, vignobles,  territoires périmétropolitains, étalement urbain, réchauffement climatique, écologie politique, habitat durable, énergies renouvelables, analyse spatiale, base de données, cartographie, géomatique,  système d’information géographique, participation, citoyenneté, vieillissement, travail, économie sociale et solidaire