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Axe thématique :

Histoire monétaire et financière

Responsable : Ghislain Deleplace

 

 
 
Cet axe thématique  a été créé en janvier 1988 sous la responsabilité de Bernard Courbis (Lyon 2). Son titre recouvre deux champs qui ont de multiples points de contact : d’une part l’histoire de la monnaie et de la finance, d’autre part l’histoire de la pensée monétaire et financière.
Pourquoi cet atelier dans ce GdRE ? Il faut bien admettre que sa place n’y est pas centrale, pas plus que l’économie historique et l’histoire de la pensée économique dans notre discipline. Mais il semble que la dimension historique intervienne d’une façon particulière dans le domaine qui est celui du GdRE. D’abord, les pratiques monétaires et financières apparaissent dans l’histoire à la fois d’une extraordinaire variété et d’une grande homogénéité : il s’agit depuis au moins le XVIè siècle d’articuler de multiples façons la puissance publique en charge du lien social et les intérêts privés constitués en marchés. Plus que dans tout autre domaine économique, l’histoire peut y jouer son rôle de réservoir d’expériences. Ensuite, les théories monétaires sont à la fois dotées d’une remarquable longévité (quelle autre théorie peut rivaliser de ce point de vue avec la théorie quantitative ?) et d’une grande versatilité (Schumpeter soutenait que « les points de vue sur la monnaie sont aussi difficiles à décrire que des nuages en mouvement »).
  En même temps, les obstacles à la manifestation soutenue d’un intérêt pour l’histoire sont sans doute plus importants dans le domaine de la monnaie et de la finance qu’ailleurs. D’abord, et même si cela peut paraître paradoxal, les phénomènes à étudier sont les plus concrets qu’un économiste puisse souhaiter, car ils se donnent immédiatement à l’observateur de façon chiffrée  (taux de change, cours d’actifs, etc.). 
Ensuite, la fascination exercée de tout temps par la monnaie et la finance a encore été renforcée depuis les années 1970 par des changements institutionnels profonds (l’éclatement du SMI suivi de l’unification monétaire européenne ; la complexification et la globalisation des marchés financiers). Une conséquence en est que les jeunes chercheurs sont plus attirés par les faits et les analyses récents que par une mise en perspective historique. L’exemple vient d’ailleurs de haut, à preuve toutes les célébrités de notre discipline qui se sont mises à l’histoire monétaire et financière sur leurs vieux jours (Kindleberger, Hicks, Friedman, Laidler, etc.).