Axe thématique :
Intégration financière et monétaire européenne
Responsables : Etienne Farvaque, Catherine Refait-Alexandre, Dhafer Saïdane et Pascal Grandin.
1 - Origine de l’axe
A l'issue des 23èmes Journées internationales d’économie monétaire et bancaire, organisées par le GDR98 à Lille les 22 et 23 Juin 2006, certains collègues ont suggéré à Jean-Bernard Chatelain, Directeur du GDR l'idée de se joindre au futur GDRE en développant un axe "Intégration monétaire et financière européenne". L'idée a été retenue et acceptée. Nous avons alors souhaité élargir cette participation aux partenaires qui ont contribué à l'organisation du colloque et qui rentrent dans cette thématique c’est-à-dire l'ESC et le Pôle de recherche en finance.
Le nouvel axe Intégration Monétaire et Financière Européenne est porté par les équipes de recherche en Finance du Nord-Pas de Calais : EQUIPPE, laboratoire commun aux Universités Lille 1, Lille 2 et Lille 3, l'ESC-Lille et le Pôle de Recherche en Finance. Les « relais » dans chaque institution sont respectivement Etienne Farvaque, Catherine Refait-Alexandre, Dhafer Saïdane et Pascal Grandin.
Cet axe souhaite mettre en avant les problèmes monétaires, bancaires et financiers, tant micro-économiques que macro-économiques, induits par la construction européenne.
2 - Les thèmes de cet axe s’articulent autour des points suivants
- Rôle de la concurrence bancaire dans la transmission de la politique monétaire ;
- Définition des règles de politique économique applicables au sein de l’UEM ;
- Cadre institutionnel de la politique monétaire ;
- Détermination du taux de change d’équilibre et l’évolution des taux de change réels.
3 - Quelques précisions concernant le contenu des thèmes retenus
Financement bancaire des entreprises, problèmes actuels et perspective
historique.
La problématique générale est le caractère bénéfique d'un financement
bancaire des entreprises. C'est dans ce cadre qu'une analyse historique est
menée. Le développement des banques à la fin du 19ème siècle a-t-il permis un
financement plus efficace de l'activité économique ? Une analyse sectorielle a
été choisie, et l'attention porte sur deux secteurs : l'activité vinicole,
traditionnellement financée grâce aux notaires, et l'immobilier,
particulièrement intéressant à une époque de développement urbain.
L'actualité du financement bancaire est autre ; elle est marquée par un fort
recours par les entreprises à la multibancarité. Un travail visant à comprendre
pourquoi les banques acceptent une telle attitude de la part de leurs clients
est mené par les membres de notre axe. Alors que les problèmes informationnels
liés au crédit devraient les pousser à refuser une telle pratique, les
modifications récentes des services offerts par les banques et la concurrence
sur le marché bancaire pourraient expliquer cet état de fait.
Dynamique de l'unification monétaire, coordinations macroéconomiques et efficacité des interventions des banques centrales
Rôle de la concurrence bancaire dans la transmission de la politique monétaire
L’idée est la suivante. Dans la zone euro des degrés d'efficacité différents de la politique monétaire entre les pays membres conduisent à des impulsions de politique monétaire qui n’ont pas la même ampleur. Une explication de ces différences entre pays membres de la zone euro peut se trouver dans l’hétérogénéité des systèmes bancaires européens (Ehrmann et al., 2001, Chatelain et al., 2003). L'intuition est donc la suivante : toute impulsion monétaire sera d'autant mieux relayée que le système bancaire sera concurrentiel. En effet, toute variation des taux d'intérêt directeurs sera relayée vers la clientèle bancaire si les banques concurrentes sont incitées à le faire. Le degré de concurrence bancaire a alors son importance. Plus le système bancaire sera concurrentiel, plus les impulsions de politique monétaire seront rapidement et largement relayées
Définition des règles de politique économique applicables au sein de l’UEM.
Dans la première thématique, les chercheurs membres travaillent sur la question des différentes formes de modélisation macroéconomique de la zone euro que l'on peut envisager, et cherchent notamment à savoir si le mode d’agrégation des données nationales pose un problème particulier dans l'évaluation des exercices de simulation que l'on peut effectuer. D'autre part, sur cette thématique, la question est posée du fonctionnement des stabilisateurs automatiques au sein de la zone Euro: Pourquoi sont-ils plus ou moins forts dans les différents pays ?
Le cadre institutionnel de la politique monétaire.
Sous la deuxième thématique, sont menées des recherches sur les décisions de politique monétaire. La problématique applique ainsi aux systèmes de gouvernance des banques centrales les critères retenus dans la littérature relative aux Conseils d'administration des firmes (et notamment les firmes cotées sur les marchés financiers). En parallèle, des recherches sont menées, à partir d'un modèle macroéconomique de la zone Euro, afin de déterminer quelle peut être la solution de consensus obtenue pour le taux d'intérêt applicable à l’ensemble de la zone Euro. Ce consensus est censé découler d'un processus de négociation et de formation de coalitions au sein du conseil de la BCE, fondé sur des objectifs potentiellement divergents des gouverneurs des banques centrales nationales qui forment le Conseil des gouverneurs de la banque centrale européenne.
Détermination du taux de change d’équilibre et l’évolution des taux de change réels.
Dans le cadre de la dernière thématique, des calculs visant à une estimation des élasticités-prix et élasticités-revenu des PECO sont menés, de manière à comprendre pourquoi les estimations actuellement disponibles sont contredites par les évolutions réelles constatées sur les balances courantes. De même, un travail d'analyse des stratégies de taux de change suivies par les nouveaux pays membres de l’UE, en vue de participer à la zone euro, est mené. Ces travaux débouchent au final sur une analyse de la mondialisation financière, afin de cerner de quels moyens disposent les pays pour faire face à l’instabilité des marchés internationaux de capitaux. Ces préoccupations s’inscrivent alors dans le cadre de réflexions plus larges sur la nouvelle architecture financière internationale.