Université d'Orléans

Présentation

- Des diplômes nationaux reconnus : licences (Bac +3), masters (apprentissage, voie professionnelle, voie recherche), doctorat (thèse) mais aussi des diplômes universitaires (DU) et la capacité (non -bacheliers ou réorientation).

- Des métiers du droit : magistrat, avocat, notaire, professeur d'université, huissier, greffier, juriste d'entreprise... Des préparations aux concours ou examens (régionaux ou nationaux : ENM, CRFPA...).

- Des débouchés nombreux dans des secteurs qui recrutent : collectivités locales, entreprises, services contentieux, services juridiques, services des ressources humaines, immobilier, urbanisme, banque, cabinets d'avocats, milieu associatif...

- Des formations qui n'apportent pas que la connaissance du droit, mais développent des compétences d'analyse et de synthèse globales ouvrant les portes de nombreux domaines professionnels extra-juridiques pour des postes de cadres, cadres supérieurs, ingénierie, professions libérales, création d'entreprise...

- Professionnalisation : les nombreux masters de l'Ecole de Droit ont été habilités par le Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, évalués par l'Agence d'Evaluation de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur (AERES) et validés par l'Université d'Orléans. Ils offrent des taux d'insertion professionnelle remarquables (près de 90 % d'embauche dans les 3 mois suivant le stage).

Le mot des directeurs

Bienvenue à l’Ecole de Droit d’Orléans

 L’Ecole de Droit d’Orléans s’inscrit dans une illustre lignée, celle de l’Université d’Orléans fondée en 1306, marquée par de célèbres jurisconsultes tels Robert-Joseph Pothier ou Daniel Jousse. Cette grande tradition juridique et le développement qu’elle connaît aujourd’hui, posent l’Ecole de droit comme Faculté de droit de référence.

 Campus

 Installée sur le Campus universitaire, elle bénéficie d’une situation et de conditions privilégiées. Desservie à ses pieds par le tramway, au milieu de 100 hectares de bois et lacs au cœur d’un campus universitaire dynamique de 13 826 étudiants, elle offre des conditions de travail idéales aux enseignants comme aux étudiants.

Outre une bibliothèque réservée aux disciplines de Droit, Economie et Gestion, une e-bibliothèque donnant accès aux éditions essentielles aux juristes, des salles de travail particulières, les locaux récents de l’établissement offrent un confort d’équipement peu fréquent pour le travail.

 Excellence des formations

 Avec 1810 étudiants en droit, 49 enseignants chercheurs, l’Ecole de Droit d’Orléans est une structure de taille moyenne qui profite d’un dynamisme à taille humaine.

En matière de recherche, l'Ecole de Droit est adossée au plus grand laboratoire de l’Université, le Centre de Recheche Juridique Pothier (noté : « A » lors da dernière évaluation de l’AERES en 2011) ainsi qu'à un autre laboratoire de renom, le Laboratoire des Collectivités Publiques (LCP).

Elle accueille 10 M2 professionnels (dont 5 en apprentissage), classés au 5e rang national en 2010, et 1 Master recherche, 3 M2 proposés également en voie recherche. Les Masters offrent ainsi près de 14 parcours différents possibles, les uns ou les autres pouvant être suivis en voie professionnelle ou recherche, ou en apprentissage et formation continue.

L’Ecole de Droit dispose de pôles complémentaires et performants tant en matière de recherche pour les enseignants qu’en matière professionnelle pour les débouchés des étudiants.

Les liens avec le monde professionnel de la Région Centre sont amplement développés, autant dans les relations traditionnelles avec la Magistrature, le Barreau ou le Notariat, qu’avec les entreprises privées ou collectivités publiques. 

Depuis plusieurs années, l’Ecole de droit a rétabli l’ancienne tradition de remise solennelle des diplômes de fin d’études pour les étudiants de Master 2. A la rentrée prochaine, ce dispositif accueilli avec enthousiasme par les étudiants sera élargi aux diplômes de Licence et au Master 1, il sera assorti de remise de prix aux meilleurs étudiants.

 International

 Dans le cadre d’un Campus universitaire accueillant près de 2000 étudiants étrangers, l’Ecole de Droit permet de larges échanges Erasmus et dispose de plusieurs conventions de partenariats privilégiés avec des universités étrangères (Leicester (R.-U.), Cracovie (Pol.), Saint-Louis (U.S.A.)...).

 Antennes

L’Ecole de Droit s’est également développée sur d'autres sites de la Région Centre avec l'installation des centres universitaires de Bourges et de Châteauroux qui délivrent des diplômes de licence en droit. Par ailleurs, le site de Chartres offre la possibilité de suivre une capacité en droit.

 Bonne navigation sur le site de l'Ecole de Droit.

 

 

HISTORIQUE DE L'UNIVERSITE D'ORLEANS:

  • Fondation (1306)
  • Lieux d’études
  • Enseignements juridiques
  • Maîtres orléanais
  • Etudiants célèbres
  • Suppression de l'Université
  • Renaissance

 

  • La fondation officielle de 1306 et la mise en place des institutions universitaires

Les cinq bulles « fondatrices » du pape Clément V du 27 janvier 1306 étendirent au studium, c'est-à-dire le foyer d'études supérieures de la ville d'Orléans, les prescriptions de la bulle du pape Grégoire IX du 13 avril 1231 autorisant l’université de Paris. Parmi les dispositions principales en faveur d'Orléans figuraient notamment, outre la concession du titre universitaire lui-même, des privilèges économiques (taxation des logements et des vivres) et judiciaires pour les étudiants.

Ces bulles sanctionnaient l'évolution qui, en trois quarts de siècle, avait fait du studium orléanais, en large partie né de l'émigration des étudiants parisiens lors de la grande grève universitaire des années 1229-1231, le principal foyer d'enseignement du droit romain dans la moitié nord du royaume de France. Cet enseignement avait été interdit à Paris par la bulle du pape Honorius III en 1219 à la demande du roi Philippe Auguste, mais toléré à Orléans par le pape Grégoire IX au 17 janvier 1235. Orléans « saisissant sa chance » devenait ainsi la « faculté de droit civil » de Paris.

 Dans le demi-siècle allant des années 1320/1321 à 1368, l’université orléanaise se dote, au travers d'une bonne vingtaine de statuts et textes à vocation administrative, d'une véritable armature institutionnelle, portant sur tous les aspects de sa vie pédagogique, académique, sociale et financière, allant des sujets les plus techniques et spécialisés aux plus « folkloriques », comme la répression des abus en matière de bizutage des nouveaux étudiants ! L'essentiel de cette œuvre législatrice se retrouve consignée dans le « livre du Recteur » et les cartulaires ou « livres » des « nations » de l'université.

A partir du XVe siècle, les universités perdent progressivement leur autonomie face à la mainmise du pouvoir royal qui réglemente les études et les grades. Plusieurs textes successifs à compter du XVIe siècle visent à « maintenir la règle et le bon ordre » voire à « remédier aux abus » qui peuvent s'être glissés dans l'administration de l'université d'Orléans. Localement toutefois, le fonctionnement administratif hérité de l'époque médiévale perdure.

  • Les lieux d’études et de vie universitaire

Comme dans la plupart des villes universitaires, au Moyen Âge aucun édifice n'était dédié à l'enseignement : chaque docteur donnait ses leçons dans une maison particulière. À Orléans, le quartier « Latin » s'étendait entre la cathédrale et l'église Saint-Pierre-Le-Puellier, paroisse du quartier, où les étudiants picards célébreront par la suite la St-Firmin fête à l’occasion de laquelle les habitants de Beaugency leur remettaient une « maille d’or », constitutive d’une redevance symbolique. Sur ces quartiers du centre ville orléanais se multiplièrent les « écoles ». Les activités artisanales bruyantes étaient réglementées pour ne pas perturber les cours. Pour traiter de la gestion de l'université, le recteur et les docteurs-régents se réunissaient dans une chapelle de l'abbaye Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle (à l'emplacement de l'actuelle Préfecture). Là se trouvait le coffre des archives, là avait lieu la messe quotidienne, les sermons, les fêtes. Une cloche réglementait les heures de cours.

Au XVe siècle, les universitaires décidèrent de faire construire, rue de l'Écrivinerie (vers 1810, cette rue prend le nom de Robert Joseph Pothier, célèbre professeur de droit à l'université d'Orléans, qui mourut au n°23) le long de laquelle étaient regroupés les copistes, un édifice destiné. à servir à la fois de bibliothèque et de salle de réunion : la Librairie. Pièce gothique voûtée d'ogives, elle est actuellement connue sous le nom de Salle des Thèses. Alors, l'université put tenir ses réunions dans ses murs organiser les examens et entreposer ses livres.  La grande salle constituait un cadre particulièrement approprié aux occasions solennelles.

Au tournant du XVIe siècle furent bâties les « Grandes écoles de France », dans la rue qui deviendra la rue de l’Université (longeant à l’est l’actuelle Préfecture). C’était un vaste bâtiment à deux salles superposées qui permit de regrouper une partie des cours. Elles furent démolies en 1824. Le seul vestige aujourd’hui demeure être la « salle des Thèses » rue Pothier qui échappa de peu au XIXe siècle à un projet de destruction, et sous l'impulsion de la Société Archéologique, fut restaurée.

  • Les enseignements juridiques

 Dans cette université essentiellement juridique (il n'y a jamais eu de Faculté des Arts proprement dite à Orléans), les études de droit sont inspirées des pratiques de l'université de droit de Bologne (Italie). Le contenu des enseignements reprend le découpage pédagogique de la codification justinienne du droit romain fixé au début du XIIe siècle par le Glossateur Irnerius. Il se fondait sur l'étude du Décret de Gratien et les Décrétales des papes du XIIIe et du début du XIVe siècles pour le droit canon, tandis que le parcours de l’étudiant se coulait dans les cadres académiques traditionnels mis au point dans les universités du Moyen Âge (baccalauréat, licence, doctorat) pour l'organisation des cursus.

Au XVIIe siècle, en vertu de l'édit de Colbert d'avril 1679, les études juridiques sont réformées en France et un enseignement de droit français est créé. Cette nouvelle matière comporte l’étude des coutumes locales, des ordonnances royales et de la jurisprudence du Parlement de Paris. Les cours de droit français se font en français à côté des enseignements traditionnels de droit romain toujours en latin.

  • Les maîtres orléanais

 Dans la seconde moitié du XIIIe siècle, les maîtres d’Orléans renouvelèrent l’approche du droit romain en proposant de dépasser la méthode exégétique des Glossateurs bolonais pour présenter une analyse du droit romain plus synthétique, mettant en perspective l’ensemble des sources romaines sur la base des problématiques juridiques. Ainsi, ils rédigèrent des exposés non pas sur des extraits de droit romain mais sur des problèmes de droit, proposant ainsi une approche thématique. Les juristes les plus connus de cette époque sont Jacques de Révigny (✝1296) et son élève Pierre de Belleperche (✝1308). Orléans fut ainsi l’origine de l’école des « post-glossateurs » ou « commentateurs », dont les bolonais reprendront à leur tour la méthodologie. Bartole puis Balde à la fin du XIVe siècle assureront par la suite en Italie un grand écho à cette approche du droit romain sur la méthode orléanaise. D’autres maitres orléanais aux XIVe et XVe siècles continueront de former une pépinière de serviteurs du roi de France ou de l’Eglise.

Au début du XVIe siècle, des professeurs, Pyrrhus d'Angleberme et Pierre de L'Estoille, s'efforcent de renouveler l'enseignement du droit par le recours aux sources antiques et aux textes originaux. Charles Dumoulin, l'un des plus célèbres juristes français du siècle qui participe à la rédaction des Coutumes de France, donne également des leçons à Orléans avant de devenir avocat au Parlement.

Au XVIIe siècle, parmi les professeurs, Jacques Delalande enseigne pendant vingt ans à Orléans et est- auteur d'un célèbre commentaire de La coutume d'Orléans. Quant à Guillaume Prousteau, il fit don de sa riche bibliothèque (plus de 4000 Livres) à l’université.

Au XVIIIe siècle, le corps professoral de l'université d'Orléans compte théoriquement quinze enseignants et la qualité de l'enseignement doit beaucoup à Robert-Joseph Pothier (1699-1772), le plus illustre des professeurs de l'université. Juge au tribunal de bailliage et présidial d’Orléans en parallèle de son activité de professeur, il dota le droit français d'un Commentaire de la coutume d'Orléans qui fit référence. La qualité de ses travaux fut telle que les rédacteurs du Code civil de 1804 s'en inspirèrent très largement.

  • Les étudiants de l’université d’Orléans

 Parmi les élèves célèbres du XIIIe siècle, il faut signaler les personnalités comme Yves Hélory (saint Yves) ou les futurs papes Clément V et Jean XXII. Au tournant du XVe siècle, l’université compte autour d’un millier d’étudiants, plusieurs milliers aux siècles suivants (plus de 6000 au XVIIe siècle). Les écoliers se regroupaient par affinités ethniques et linguistiques ou en fonction de leurs origines géographiques, en « nations ». A l’époque médiévale, environ 10 nations étaient représentées à l’université d’Orléans. La plus nombreuse était certes la nation de France qui rassemblait les étudiants d’Ile de France et des régions voisines, mais la plus prestigieuse pour le rang et la richesse était la nation Germanique. Ces nations géraient l’immatriculation des écoliers, les droits à verser pour les examens, organisaient fêtes et vie sociale de leurs ressortissants. Elles seront réduites à quatre nations en 1538, l’université d’Orléans attirant encore un grand nombre d’étudiants de l’Europe du Nord et dans une moindre mesure d’Italie. Bien que moins populeuse, l’université constitue encore un foyer d’humanisme en accueillant :

  • Calvin
  • Erasme
  • Guillaume Budé
  • Rabelais
  • La Boétie
  • Théodore de Béze.

 En revanche, si au XVIIe siècle La Bruyère, Charles Perrault, Molière fréquentent l’université, le déclin s’amorce avec une chute des effectifs et des conditions d’obtention des diplômes parfois douteuses. Au XVIIIe siècle, les étudiants sont issus essentiellement d’Ile de France et de l’Orléanais et leur nombre diminue en dessous de la centaine à partir de 1715.

  • La suppression des universités à la révolution

A la veille de la Révolution de 1789, le système universitaire est très controversé, y compris par certaines universités. Dès octobre 1792, il n'y a plus que deux étudiants inscrits à Orléans ; le 15 septembre 1793, la Convention vote par décret la suppression de toutes les universités, jugées trop traditionalistes. C'est, pour Orléans, la fin de cinq siècles de présence universitaire continue.

  • La renaissance de l’université d’Orléans au XXe siècle

Après un XIXe siècle orléanais sans université, les effectifs universitaires allaient se multiplier par 5 entre 1954 et 1970 et la France compta le plus haut taux européen de scolarisation pour les 20-24 ans. Or, la République ne pouvait offrir en 1960 que 16 universités de province surchargées, un « monstre » constitué par l'université de Paris et les grandes écoles étaient presque toutes parisiennes. Dans un contexte d’élévation du niveau d’études, d’industrialisation accélérée, d’exode rural (66% de la population est urbaine en 1951), l’exigence d’un enseignement supérieur conduit à la renaissance de sites universitaires à l’échelle de la France.

En 1959, le maire d'Orléans, Roger Secrétain, le préfet Robert Holveck et le président du Conseil général, Pierre Perroy se mettent d’accord pour installer un campus modèle, un « Oxford sur Loire » sur un espace boisé paysager près d'une ville satellite encore en projet au sud d’Orléans. C’est sur le site d’un domaine solognot de la Source, au sud d’un château du XVIIIe siècle et d’un parc classé que voient le jour les premières installations. Après l’établissement d’un collège universitaire scientifique en 1960, une école de droit est ouverte en octobre 1962, un centre d’études supérieures littéraires en 1964. Le décret du 14 avril 1966 rétablit officiellement une université à Orléans. Les bâtiments modernes de la Faculté de droit, économie et gestion seront inaugurés en 1975 par le secrétaire d’Etat aux Universités Jean-Pierre Soisson.

En 2006, l’université d’Orléans célèbre ses 700 ans de tradition universitaire.

 Sources :

  • 700 ans d’université à Orléans, Conseil Général du Loiret, 2006, 71 p
  • L’université d’Orléans, 1306-2006 ; regards croisés sur une histoire singulière, tiré du colloque du 700e anniversaire, PU Orléans, 2008, 167 p
  • Clichés C. de Valence pour la salle des Thèses
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