Université d'Orléans

Le mot du directeur

L’EA 1210 CEDETE (Centre d’Etudes pour le Développement des Territoires et l’Environnement) est un laboratoire reconnu de longue date à l’Université d’Orléans, héritier du CERCAR fondé par le Doyen J. Mirloup. Expertisé par l'HCERES en avril 2017, il a été habilité pour un nouveau contrat débutant le 1er janvier 2018. Situé sur le Campus d’Orléans - la Source, il regroupe aussi des membres de l’IUT de Bourges et de l’IUT de Chartres (ainsi que de l’IUT de Châteauroux avant le 31 août 2014). Faisant partie de l’Institut Thématique Pluridisciplinaire « Humanités Cultures Sociétés » de l’Université d’Orléans, le CEDETE s’inscrit dans le champ scientifique des sciences humaines et sociales ; la plupart de ses membres sont des géographes, et des sociologues et psycho-sociologues, membres titulaires ou doctorants, travaillent aussi au sein de laboratoire.

Le CEDETE reste fidèle à son ambition scientifique définie depuis plusieurs mandats, celle d’étudier le développement des territoires et l’environnement ; en 2007, le développement durable avait fait consensus pour fédérer les recherches des membres du CEDETE et, si ce fil reste aujourd’hui directeur, il a été enrichi grâce à l’intégration de l’ancienne équipe émergente ETTOSS (Ethique, Travail et Territoires des Organisations Sociales et Solidaires) au sein du laboratoire en 2009. En effet, l’arrivée de sociologues, psycho-sociologues et gestionnaires a suscité un ensemble de recherches sur le développement social, durable et solidaire des territoires, en fusionnant les thématiques avec certaines de celles des géographes.

Le CEDETE unit ses trois axes thématiques et les deux spécialités de la mention de master GEOGRAM, qui mettent en valeur d’une part les pays émergents (notamment du monde russo-chinois, des BRICS et de certains pays latino-américains et africains) et le développement local et solidaire dans le cadre de la spécialité de master Recherche & Professionnel DDLTE (Développement Durable et Local des Territoires Emergents), d’autre part l’hydrologie géomatique dans le cadre de la spécialité de master Recherche & Professionnel ECG (Eau, Cartographie, Géomatique).

Collectivement, le CEDETE pense que le premier phare du laboratoire réside dans la place majeure accordée aux actions des doctorants dans l’équipe d’accueil. Cet état de fait peut se décliner dans de multiples domaines, notamment les efforts faits pour l’insertion professionnelle des jeunes docteurs (construction de post-doc sur contrats), les publications collectives des doctorants et leur participation aux prises de responsabilités (mandats de présidence et vice-présidence de l’Association des Docteurs et Doctorants en SHS de l’université d’Orléans (ADDOSHS), mandat d’élu des doctorants de l’ensemble des laboratoires CEDETE, REMELICE, POLEN et IRAMAT à l’ITP HCS). Les Cedetoriales forment un creuset synthétisant la place tenue par les doctorants. Lors de ces doctoriales annuelles, un effort tout particulier est réalisé pour faire participer au débat des chefs d’entreprise et des salariés jeunes docteurs en géographie. Les dernières ont eu lieu le 4 octobre 2017, le 26 octobre 2016, le 27 janvier 2016, le 8 avril 2015, le 2 octobre 2013, le 31 janvier 2013 et le 14 juin 2012.  L’outil Cedetelink, mis au point par les élus des doctorants eux-mêmes, permet un lien permanent entre tous les doctorants du CEDETE.

Bienvenue au CEDETE !

 

Laurent Touchart

Directeur du CEDETE depuis juin 2013



De nos jours, la question du développement durable concerne la plupart des chercheurs en sciences humaines s’attachant à décrire et comprendre les sociétés actuelles. Mais, dans le vaste champ des sciences humaines, le regard du géographe sur le développement durable possède une singularité et une valeur toutes particulières. Car le géographe aborde la question de la durabilité à travers le prisme du territoire. Or, le territoire est précisément une interface infiniment différenciée et riche de multiples enjeux où la question majeure de l’équilibre entre les sociétés et les ressources se pose de la manière la plus aiguë. Dans sa double dimension physique et humaine, le territoire par ses ressources mais aussi sa finitude concentre toutes les potentialités et les fragilités, subit toutes les convoitises et les conflits d’usage entre acteurs, enregistre toutes les fragmentations, tous les métissages et les recompositions économiques, sociologiques et géopolitiques.

À l’heure où la population mondiale pourrait passer des actuels 7 milliards d’habitants à près de 9 milliards en 2050 (estimations ONU, 2011), à l’heure de l’émergence accélérée et parfois inquiétante des BRIC, notamment de géants géographiques, démographiques et économiques (Chine, Inde, Brésil, Russie…), mais aussi un jour de l’Afrique, le visage du « Système-monde » se transforme de manière radicale en ce début de XXIème siècle et l’humanité n’a jamais été confrontée à autant de défis majeurs en matière de développement durable.

Étude à plusieurs échelles de la différenciation, de l’organisation et de la dynamique des territoires, la géographie n’a jamais été aussi indispensable et pertinente pour offrir des clés à même de décrypter ce monde nouveau en gestation. Pour essayer d’appréhender un objet complexe et parfois insaisissable, le géographe dispose de méthodes et d’outils qui lui sont en partie propres : enquêtes de terrain, cartographie et géomatique, instrumentation in situ. Ainsi, à la fois proche des sciences dures, des sciences de l’ingénieur, mais presque toujours profondément ancrée dans le champ des sciences humaines et sociales, tour à tour résolument empirique ou au contraire technique, la géographie se présente comme une science plurielle, totalement ouverte sur nombre de disciplines (aménagement, sociologie, architecture…), et toujours comme une science de l’actuel.

Dans le vaste champ des possibles, les géographes orléanais ont choisi d’étudier les relations entre géographie et développement durable à travers certains types de territoires ou thèmes de recherche privilégiés :

 

Dans le détail, cette tripartition est loin de rendre compte de la multiplicité des recherches qui se font au sein du CEDETE comme le montrent les mots-clés (cf.).

Le laboratoire entretient des synergies fortes avec le Master GEOGRAM (géographie-aménagement) et attire un flux régulier de doctorants. Tel quel le CEDETE, régulièrement réhabilité depuis plus de 20 ans, apparaît comme un laboratoire de taille moyenne représentant un observateur privilégié de la transition en cours d’un mode de développement non-durable vers un nouveau mode de développement alternatif plus durable.  

 

Guillaume Giroir

ancien directeur du CEDETE


Mots clés

Russie ; Arménie ; Chine ; Brésil ; Burkina Faso ;  Eaux dormantes et corridors fluviaux ; Développement local et solidaire. Etangs ;  zones humides, désertification, aires protégées, espaces ruraux, vignobles,  territoires périmétropolitains, étalement urbain, réchauffement climatique, écologie politique, habitat durable, énergies renouvelables, analyse spatiale, base de données, cartographie, géomatique,  système d’information géographique, participation, citoyenneté, vieillissement, travail, économie sociale et solidaire