De nombreux éléments sont tirés du travail de M.Pierre Tournois un érudit de la région de Mer. La découverte  de cet  ouvrage est due à M.Borowczyck historien des sciences.

La formation de Lenoir  

historique de ses productions :   

cercle de réflexion    cercle répétiteur règles pour les bases
  pendule         comparateur   étalons de mesure
machine à diviser     

Lenoir maître d'apprentissage 
La reconnaissance
La fin de sa vie

à Mer près d'Orléans en 1744, mort à Paris  en 1832 il  fut l'un des plus habiles constructeur d'instruments d'astronomie et de géodésie. Il réalisa l'étalon du mètre et du kilogramme.

Buste de Lenoir exposé au musée de Mer 

Après avoir suivi l'école paroissiale, il suit un apprentissage de serrurerie. A son arrivée à Paris à 28 ans, il est  compagnon dans un atelier. Lenoir suit alors des cours gratuits ouverts ( ceux de François Bachelier selon Borowczyck ?) par un organisme épris de progrès. Le but était d'élever le niveau techniques des ateliers ; d'amener les artisans à une maîtrise de leur art pour créer, concevoir et non seulement exécuter. Lenoir put ainsi mieux structurer ses connaissances  et compléter ses connaissances en mathématiques. Son ascension sociale est rapide, il obtient le titre d'ingénieur de physique et mathématiques en 1774 moins de deux ans après son arrivée à Paris. ( vérifier date) Il opère alors dans son propre atelier, et il déménage plusieurs fois au fur  et à mesure de l'accroissement  de sa production. Son atelier ne dépassera jamais huit ouvriers qualifiés restant au stade artisanal.

De l'école de Mer , Lenoir n'avait pas reçu une éducation très poussée, aussi son orthographe était négligée, par contre  l'expression était correcte et parfaitement claire. Ses manques en français étaient d'autant plus visibles qu'il correspondait avec des Académiciens ou des Ministres. Mais n'oublions que cela est exceptionnel  pour un homme du peuple. Le fait qu'il parvienne à surmonter les problèmes pratiques auxquels se heurtèrent tous les constructeur montre une grand intelligence, surtout qu'il ne copie pas mais cherche une solution originales. Ce travail de fabricant d'instruments aux dires de Cassini est celui qui demande le plus d'adresse car il relève de la serrurerie et de l'horlogerie; il demande la maîtrise du travail du bois, des métaux, du verre ; il faut savoir souder,  mouler, limer, polir vernir et surtout être habile à diviser......Il aura fallu seulement deux années à Lenoir pour passer de la position de simple compagnon à celle de fabricant et diriger son propre atelier.  A-t-il repris un atelier existant ? Son mariage a-t-il facilité son installation ?   Malgré une instruction des plus modeste il a le privilège de se conférer le titre d'ingénieur en instruments de mathématiques
Cercle de réflexion :
En 1774 il rencontre Borda. C'est le début de 25 ans de coopération entre les hautes qualités de ce savant et les qualités plus manuelles de Lenoir. Pour réaliser le cercle de réflexion et passer de la théorie à la pratique il fallait l'intervention d'un ouvrier interprétant les idées de l'inventeur et proposant même des modifications  de l'appareil

Sa rencontre avec Borda convergea vers une sorte de collaboration. Borda l'académicien, le savant, le marin avait besoin d'un ouvrier astucieux qui puisse comprendre et réaliser le contenu de son vaste savoir. Les hommes travailleront en commun pour trouver la forme définitive de cet instrument.

Machine à diviser :

En 1765 le Duc de Chaulnes édite une méthode pour diviser les instruments de mathématiques et d'astronomie . Il fit construire des machines  à diviser les lignes droites ou les cercles. Un plateau est entraîné par une vis et un outil permet de graver. Musée des sciences de Florence
A droite une machine à diviser la ligne de 1787 exposée au CNAM

Dès 1780 il étudie la mise au point d'une machine à diviser. lien vers la machine à diviser  à placer ailleurs. L'appareil est réalisé en 1783, mais cet appareil a disparu et la description donnée dans un rapport à l'Académie des sciences  est volontairement incomplète. Le plateau diviseur était fixe, une règle portant un tracelet tournait autour du centre du cercle en s'appuyant sur le limbe. Un moyen mécanique ingénieux permettait d'entraîner la règle. Cela lui permettait de déterminer les arcs principaux avec une grande justesse, les autres divisions étant réalisées au compas. Lenoir n'avait pas souhaité divulguer son astuce technique, mais la qualité des cercles présentés à  l'Académie et divisés par cette méthode  montre qu'il avait supplanté les anglais. Quand l'erreur sur les graduations anglaises atteignait 80s d'arc sur 30° on ne trouvait pas plus de 15s d'erreur sur 60° sur le cercle de Lenoir.
Lenoir désirait garder le secret sur le mécanisme d'entraînement de la  règle mobile.  

En Angleterre Jesse Ramsden décrit une machine en 1787 devant la Royal Society,  machines dont la France achète un exemplaire 500livres en 1803. un coup de pédale fait tourner le plateau et une nouvelle graduation est tracée. (exposée au  cnam)

cercle répétiteur :  

En 1784 il participe  avec Borda à la mise au point du cercle répétiteur utilisé en triangulation, dès 1787 pour redéfinir la frontière franco-espagnole ou en 1788 pour raccorder la triangulation de Paris et de Greenwich.
Se reporte à la partie cercle répétiteur

adresse cercle exposé à Marseille : http://www-obs.cnrs-mrs.fr/patrimoine/lenoir.html 

Réalisation du grand cercle de l'observatoire :
Vers 1785 lorsque  fut décidé par Cassini IV la construction de trois instruments pour l'observatoire de Paris dont un grand cercle, le Roi souhaita que la construction soit assuré par des artistes français, afin de leur procurer l'occasion de s'élever au niveau des anglais. Lenoir fut chargé de réaliser le "Cercle Entier "

Le travail est perturbé par la corporation des maîtres fondeurs. Lenoir  en ayant omis de se présenter à l'examen de maîtrise de cette profession, est accusé de travailler sans autorisation. Après saisie,  ses instruments ne lui furent rendus que sur intervention du ministre , le baron de Breteuil.  ???La réalisation de l'instrument durera plus de vingt ans  Lenoir étant occupé à d'autres travaux, mais aussi Borda chargé des vérifications.  Les successeurs de Cassini à l'observatoire ne firent pas non plus hâter les finitions


Le pendule :
Comme on avait envisagé de définir le mètre par rapport à la longueur d'un pendule. Il réalisa un pendule formé d'une sphère de platine de 36mm de diamètre pesant 526g et suspendu à un fil de fer de 12 pied de long. Chaque oscillation se fait en 2s.

prévoir photo

Règles pour les bases :


Il réalisa aussi les règles pour mesurer les bases lors de la mesure de la méridienne. Ces  règles de 12 pieds de long c'est à dire environ 4m, étaient formées de deux tiges l'une en platine l'autre en laiton placées l'une sur l'autre réunies par une des extrémités et terminées par des verniers permettant d'apprécier la dilatation due à la température. + lien vers les règles.    

Photographie bibliothèque Jacques Prévert Cherbourg. 
LIEN VERS LA MESURE DES BASES 

Phare :
Il construit le fanal parabolique du phare de cordouan en 1788 (prévoir photo)
Étalons :
A partir de  1792 il travaille pour la commission des poids et mesures pour réaliser les différents étalons, dont celui du mètre provisoire en 1793 et le définitif en 1799.

il met au point le comparateur ( date)

Lien vers le texte de création du  système métrique, et vers la commande à Lenoir des étalons à diffuser dans toute la France .

Un excellent site sur le système métrique         http://www.quartier-rural.org/smd-si/index.html 

Dans la définition originelle, le kilogramme était le poids d'un décimètre cube d'eau à 4 degrés Centigrades. Plusieurs vérifications ont établi que le Kilogramme international dépasse de 28 milligrammes la masse résultant de cette définition.

Cet écart, extrêmement faible, de  28 millionièmes, montre que Lenoir a travaillé avec une précision absolument remarquable.

La reconnaissance 

Une nouvelle profession , celle d'ingénieur  en instruments de physique et de mathématiques sera crée pour répondre aux besoins en instruments. Lenoir en fût le premier syndic

1797 Il se présente  à l'élection à l'Institut, où il échoue. Bonaparte et deux autres personnes sont élues.  

Il sera nommé membre du bureau des longitudes

Rapport de Lalande au directoire du lycée  des Arts sur Lenoir

"Le citoyen Lenoir, ingénieur pour les instruments de mathématiques, est né à Mer, prés de Blois, le premier mars 1744. Il est connu depuis longtemps par la perfection de ses ouvrages et par les machines ingénieuses qu'il s'est faites pour y parvenir Il a chez lui une plate-forme de 6 pieds 4 pouces de diamètre, la plus grande qui ait été faite.

Il a fait en 1 794 une machine à diviser les nouveaux mètres, dont l'usage est si simple qu'un enfant peut diviser avec précision d'un centième de ligne. J'ai chez moi une lunette méridienne d'une si grande perfection qu'il n'y a pas souvent un cinquième de seconde depuis le zénith jusqu'à l'horizon.

Depuis qu'on a reconnu l'importance des cercles entiers pour les observations, soit sur mer, soit sur terre, Lenoir n'a cessé d'en faire et depuis qu'il s'en occupe, on n'a cessé de rendre témoignage de leur exactitude.

Tous les instruments que j'ai vu sortir de ses mains, quart de cercles, niveaux, équatoriaux, graphométries, doivent quelque chose à l'esprit d'invention qui le distingue de la plupart de ses confrères et il a toujours enchéri sur ce qu'on avait fait avant lui, tantôt pour les supports, tantôt pour les montures, toujours pour la perfection de l'exécution. Le quart de cercle qu'il a fait pour le citoyen Janvier est le mieux conçu qu'il y ait eu jusqu'ici. Aussi ses ouvrages ont-ils déjà porté dans les pays étrangers : en Russie, en Allemagne, en Italie et en Espagne. La réputation de Paris en concurrence-ce avec celle de Londres qui depuis longtemps exerçait un monopole dont les Français s'indignaient. La France avait la priorité de date sur les Anglais par l'application des lunettes aux instruments, par l'invention des micromètres, des héliomètres, des cercles, où l'on multiplie les observations pour diminuer les erreurs et il ne manquait à la France qu'un ingénieur tel que le citoyen Lenoir pour l'opposer dans cette partie à nos rivaux de gloire, de prétentions d'industrie et de commerce. "

(Jérome Lalande, notice sur Lenoir, Magasin Encyclopédique pages 147-148)

Etienne Lenoir, "éducateur en instruments scientifiques"

Comme tout artisan, Lenoir éduqua des élèves qui deviendront dans son atelier de qualifiés compagnons de travail.

Certains d'entre eux gravissant un niveau plus élevé, connaîtront une brillante carrière : celle d'artistes en instruments scientifiques. De ces derniers, relevons entre autres - Caillavet qui signera sur la cartouche de ses instruments "élève de Lenoir, successeur "

Un nommé Bellet, que Lenoir désignera pour accompagner Delambre dans la mesure de la méridienne. Chargé de l'entretien de ses instruments on le verra aussi faire office d'assistant de cet astronome.

Établi par la suite, ingénieur en instruments de mathématiques et de géodésie, il nous lais- sera dans plusieurs de nos musées quelques unes de ses réalisations.

Mais l'élève qui comblera de joie Etienne Lenoir, sera son fils : Paul-Etienne.

Il épousera toutes les qualités manuelles et intellectuelles qui valurent la renommée de son père. âgé de 22 ans, il fera partie de la commission des savants qui accompagnèrent Bonaparte en Égypte.

L'Empire  lui confia la charge de former deux spécialistes dans la fabrication des instruments avec quatre années d'études dans l'atelier. Lenoir en acceptant précise qu'il ne souhaite  pas seulement former des ouvriers adroits et intelligents , mais des Ingénieurs. Ils doivent eux mêmes être en état d'observer, pour apprécier les besoins des observateurs, ils doivent connaître les bases mathématiques sur lesquelles repose l'usage des instruments, pour leur donner toutes les perfections dont ils sont susceptibles, pour l'approprier même aux circonstances particulières.

Lenoir reçu 1000F par an pour leur formation. L'un d'eux Barcelin fût nommé chef d'atelier des boussoles à  Anvers

La fin de sa vie

Malgré son âge à 81 ans il imagine une nouvelle machine à diviser :

"je n'ai pas cherché à imiter les anglais, j'ose au contraire à avancer , que ma méthode est toute française et qu'elle rend les divisions des instruments d'une facilité à toute épreuve.

A la demande du Ministre, on chargea le Conservatoire des Arts et Métiers de procéder à l'examen de cette machine et d'en réaliser le dessin en se servant du descriptif donné par Lenoir.  Leblanc, dessinateur affecté au Conservatoire est chargé de cette mission. La  réalisation de ce dessin était prévue en 6 mois,  mais en fait, il ne put y parvenir, car Lenoir apportait sans cesse des modifications à son descriptif. Le dessin définitif de ce diviseur ne sera achevé qu'en 1827 

Il meurt en 1832 âgé de 88 ans. Une rue à Mer porte son nom.