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Buffon

Georges Louis Leclerc comte de

(1707 Montbard- 1788 Paris)


Naturaliste auteur de "l'histoire naturelle" près de 40 volumes de 1749 à 1804, organisateur du Jardin des Plantes de Paris.Ci joint un texte ou il développe l'idée de progrès technique et social

Aîné de cinq enfants, George-Louis Leclerc est né à Montbard, en 1707. Son père, propriétaire des ruines du château des Ducs de Bourgogne, siège au Parlement de Bourgogne, à Dijon. C’est grâce à aux relations étroites qui existent alors entre les familles des parlementaires que Buffon entre à l’Académie de Dijon. Sans avoir jamais lu Newton, il découvre seul la formule du binôme du célèbre savant anglais. Malgré ce succès, George-Louis se rend vite compte qu’il ne possède pas l’esprit nécessaire à une grande carrière dans les mathématiques et il commence à s’intéresser aux sciences naturelles. En 1726, il obtient son diplôme de droit. Son père lui permet alors de s’inscrire à la faculté de médecine où on enseigne une grande part de botanique et de zoologie.

En 1732, après avoir voyagé durant un an en Italie, Buffon s’installe à Paris. A vingt-cinq ans, le jeune homme découvre la capitale et commence à fréquenter les cercles scientifiques. Il fait notamment la rencontre de plusieurs savants dont quelques-uns sont membres de l'Académie des sciences. Se prenant d’amitié pour Voltaire, il est rapidement introduit dans plusieurs salons prestigieux. Il rédige un mémoire sur le calcul des probabilités qui retient l’attention des commissaires de l’Académie et il est élu membre en 1734, à vingt-sept ans.

Les terres familiales lui offrent alors le matériel expérimental nécessaire aux recherches en sylviculture qu’il entreprend. C’est également à cette période qu’il traduit et publie l’ouvrage du naturaliste anglais "La statique des végétaux" dans lequel la transpiration des plantes est présentée comme un phénomène capital de la physiologie végétale.
Durant l’année 1737, il est souvent consulté par Mme du Châtelet qui tente de traduire les Principia de Newton. Ayant souvent lu l’ouvrage en Anglais, il passe de nombreuses heures à discuter de ce sujet avec elle et son ami Voltaire. En 1739, il présente à l’Académie deux mémoires où il expose les résultats de ses expériences en sylviculture et se voit offrir une place dans la section de botanique. En juillet de la même année, il obtient le poste d’intendant du Jardin du roi, en remplacement de Charles du Fay. Il conçoit rapidement de nombreux projets de réaménagement et d’extension du jardin et s’attachera pendant les dix années à venir à donner au lieu ses lettres de noblesse.

En 1746, Buffon travaille à un traité sur la génération qu'il incorporera plus tard aux premiers volumes de l’Histoire naturelle. Cet ouvrage, dont le premier volume parait à la fin de l’année 1749, constitue la grande œuvre de Buffon. Il comptera trente-six volumes, publiés de son vivant. Buffon y aborde l’origine du système solaire, la formation de la Terre, la fossilisation, les faunes et les flores anciennes. Cinq volumes sont consacrés aux minéraux et Buffon esquisse une théorie de l’évolution du monde vivant.

Mais son ouvrage comporte de nombreuses erreurs. Pour lui, la mer recouvrait autrefois la totalité de la surface de la planète, a déposé des coquilles et des sédiments en couches successives et a sculpté les montagnes. Le problème vient du fait que Buffon base sa théorie sur l’observation de phénomènes ordinaires. Il prête ainsi au globe une évolution continue, en excluant les cataclysmes qui l’ont dessiné dans les premiers temps de son existence. De même, il explique la formation des planètes par la collision entre le soleil et des comètes.
Les affirmations gratuites sont légions dans son ouvrage et il va rapidement essuyer de nombreuses critiques. Les dévots de la Sorbonne engagent une véritable offensive contre les premiers volumes de l’Histoire naturelle. Ils veulent purement et simplement la mise à l’index de l’ouvrage car il contredit en tout la Genèse. Occupant un poste important et jouissant de l’appui de Mme de Pompadour, Buffon écarte facilement les attaques des ecclésiastiques. Mais il ne tarde pas à subir celles de ses confrères. On lui reproche avant tout de traiter de matières scientifiques dans lesquelles il n’a pas de réelle autorité. C’est de Réaumur, l’un des savants les plus célèbres du moment, que viennent la plupart des critiques. Les deux hommes ne s’entendent pas et Réaumur, farouche opposant au concept de la génération spontanée, ne peut accepter les inclinations de Buffon en sa faveur.

Si les théories de Buffon sur la génération et sur l’histoire de la Terre sont inexactes, son Histoire de l’homme fait de lui le père de l’anthropologie. Considéré jusque-là comme un individu, l’homme apparaît dans les écrits de Buffon en tant que représentant d’une espèce dont l’unité prévaut sur les différences que l’on observe d’un bout à l’autre du globe. Anthropologue, Buffon est également zoologiste. La majeure partie de l’Histoire naturelle dresse en effet un tableau exhaustif de la vie animale. Mais sa classification des animaux est basée sur la nature de leurs rapports avec l’homme.

En 1788, la santé de Buffon décline rapidement. Il a passé les dernières années de sa vie entre le Jardin, l’Académie des sciences, l’Académie française (il a été élu en 1753) et sa demeure de Montbard. Le 15 avril, il meurt à Paris de calculs rénaux. Son corps sera autopsié et ses reliques léguées à plusieurs de ses connaissances.

Si Buffon n’a pas réellement été un véritable savant, il n’en fut pas moins un formidable vulgarisateur et son Histoire naturelle constitue un monument sans précédent en matière de diffusion du savoir scientifique.