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Les événements (résumé)

 

 

A Objectif du voyage :

 

Depuis un demi-siecle, l’Europe se passionnait pour déterminer la forme exacte de la planète. D’après Isaac NEWTON ( ), la terre devait être aplatie aux pôles, or d’après les mesures faites par les CASSINI, la terre ne pouvait être qu’allongée aux pôles ! L’Académie des sciences décide donc deux expéditions, l’une au pôle, l’autre à l’équateur dont la confrontation seule permettrait de se faire une idée de la forme et de la taille de la planète. Le choix du Pérou est guidé par des considérations géographiques, de commodité et politiques. C’est  Monsieur de MAUREPAS qui réussit à aplanir toutes les difficultés. L’expédition sera néanmoins accompagnée de deux militaires espagnols Juan et Ullo.

 

A Description générale :

 

Chaîne de 43 triangles s’étendant sur 350 km de Quito jusqu’à Cuenca à une altitude de 2800m

Détermination de deux bases, celle de Yarouqui située au nord-est de Quito et celle de Tarqui au sud

 

A Détermination des bases :

 

  1. Base de Yarouqui : (Automne 1736)

 

Ø      Les instruments : de longues perches en bois. Les savants avaient apporté de France une toise en fer poli que Godin avait lui-même étalonnée sur la toise fixée dans l’escalier du grand Châtelet à Paris. La Condamine en avait fait faire une autre, identique, qui permettrait au retour, de vérifier les mesures. Deux séries de perches avaient été faites, Godin utilisera un de ces jeux, Bouguer et La Condamine l’autre. Les perches sont de couleurs différentes afin de s’en servir toujours dans le même ordre. Mais la longueur des perches variant en fonction de la température et de l’humidité, il faut sans cesse les vérifier et apporter aux mesures un coefficient de correction.

Ø      L’emplacement : la plaine de Yarouqui est recouverte d’une maigre végétation, de prairies et d’arbustes. Il faut défricher, aplanir afin de dégager les 6500 toises nécessaires (environ 13 km)

Ø      La méthode : Emboîter les perches les unes au bout des autres en vérifiant à chaque fois l’horizontalité de l’ensemble. Les uns travaillent sur le sol même, les autres ont mis en place un système de chevalets. Les deux équipes vont à la rencontre l’une de l’autre, puis continuent en se tournant le dos.

Ø      Les résultats : marge d’erreur de 3 pouces sur 6272 toises, 4 pieds, 7 pouces. Mesure adoptée, soit 12225.5 mètres ; coefficient d’erreur de 1/160

 

  1. Base de Tarqui : (Automne 1739)

 

Ø      Les instruments : identiques

Ø      L’emplacement : La plaine de Tarqui présente plus de facilités que la précédente. La mesure en est terminée en janvier 1740.

Ø      La méthode : identique. Mais à cette époque l’équipe s’étant divisée, La Condamine et Bouguer vont travailler ensemble, Godin fera seul cette mesure quelques semaines plus tard.

Ø      Les résultats : non rapportés.

 

A La triangulation :

 

Ø      L’emplacement : l’arc mesuré va de Cochesqui, au nord de Quito, jusqu’à Tarqui, au sud de Cuenca, soit environ trois degrés de méridien. Certaines stations seront situées jusqu’à 4600m !

Ø      La méthode : Au départ, trois équipes (chacune dirigée par l’un des académiciens) travaillant sur les mêmes triangles mais séparément afin d’obtenir le maximum d’exactitude sur le résultat final. Les trois angles de chaque triangle sont mesurés, aucun des autres n’étant déduit des autres et chaque angle mesuré au moins deux fois. Puis, au début de l’année 1739, alors qu’ils en sont, au bout de trois ans qu’à la moitié de leurs mesures le groupe se scinde en deux. Godin d’un côté, Bouguer et La Condamine de l’autre. Ils ne se servent plus des mêmes triangles.  

Ø      Les instruments : Chaque équipe possède ses propres instruments. Ils feront d’ailleurs fabriquer d’autres quarts de cercle lorsque le groupe sera divisé.

Ø      Les conditions : Extrêmement difficiles : altitude, maladies, manque d’argent, graves différents à l’intérieur du groupe, mauvaise volonté des indiens….

Ø      Les résultats : Décembre 1740, Bouguer et La Condamine ont terminé leurs mesures : 43 triangles, soit 129 angles et 43 points de latitude sur une longueur d’environ 345 km. Godin termine quelques semaines plus tard avec deux triangles en plus.

 

A Epilogue :

 

Reste la réduction au niveau de la mer : C’est Bouguer qui part pour calculer l’altitude exacte du point choisi comme référence, le Carabourou

                    Reste le calcul de l’amplitude de l’arc : détermination de deux latitudes, l’une au nord de l’arc, l’autre au sud. Pour cela on observe la distance d’une étoile au zénith. La différence des distances observées, ou la somme si l’étoile est entre deux zéniths, est la valeur de l’arc de méridien. Ces mesures vont durer plus de trois ans. Ils utilisent des secteurs qu’il faut rendre très stables. D’autre part, à cette époque, l’aberration et la nutation n’étaient pas connues. Seule, la précession leur était familière. Une façon de pallier les erreurs est de faire des observations simultanées aux deux extrémités de l’arc ! L’étoile choisie par Bouguer et La Condamine est e d’Orion alors que Godin préfère q d’Antinoüs. Les premiers s’installent à Cochesqui au nord, et à Tarqui au sud, le second, à Mira au nord, et à Cuenca au sud. Trois années sont nécessaires pour parvenir à des résultats.

                    Reste d’innombrables calculs : ceux-là prendront plusieurs mois avant que Bouguer et La Condamine ne confrontent leurs résultats. Pour La Condamine la longueur est de 176 950 toises (344 875.55m), pour Bouguer, de 176 940 toises (344856.06m), soit une différence de 18 m sur 345 km ! Godin, n’a jamais donné son chiffre, il serait de 195 734 toises d’après les officiers espagnols qui l’accompagnaient.

                   Résultat : Pour Bouguer, un degré de méridien à l’équateur et ramené au niveau de la mer mesure 56 746 toises (110 598 m) ; pour La Condamine 56 749 toises (110 604 m), soit une différence de 5/10000 ! L’Académie ne tranchera pas.