Université d'Orléans

Colloque

Mémoires des guerres de Jeanne d’Arc à nos jours en Centre - Val de Loire.
Traces locales, résonances nationales et regards croisés.

 

 A la chambre                                                                                            Programme

 

Comité scientifique et d’organisation : Pierre Allorant, Noëlline Castagnez, Jean Garrigues, Corinne Legoy et Gaël Rideau.

Date et lieu : 5, 6 et 7 mai 2014, au Centre universitaire international de recherche, à l’Hôtel Dupanloup, Orléans.

 

L’intérêt des historiens pour la mémoire de guerre des combattants ou des civils est ancien : la thèse d’Antoine Prost consacrée aux anciens combattants puis les travaux des historiens du Mémorial de Péronne ont montré à quel point elle irradiait les sociétés au-delà de leur sortie de guerre. Représentation d’un passé douloureux en fonction des besoins du présent, pour reprendre la définition de Maurice Halbwachs, la mémoire de guerre structure les territoires et les communautés au fil des générations.

Mais depuis la publication, il y a maintenant un quart de siècle, du Syndrome de Vichy par Henry Rousso, ce « passé qui ne passe pas » en est presque venu à faire oublier les autres guerres et occupations, non seulement en gommant la mémoire des guerres napoléoniennes et de la guerre franco-prussienne de 1870, mais surtout en focalisant l’analyse sur l’après 1945. En cette année de commémoration du centenaire du déclenchement de la Grande Guerre, le premier objectif de ce colloque sera d’embrasser les mémoires des différentes guerres, invasions et occupations en remontant jusqu’à la Guerre de Cent ans, cela y compris dans la période moderne, et de voir comment elles s’articulent, s’emboîtent, se chevauchent voire se concurrencent. En outre, la mémoire collective en France, comme l’a encore montré récemment Olivier Wieviorka, est « désunie » entre des revendications mémorielles particulières, parfois identitaires, de communautés ou de groupes frappés par des crimes de guerre ou contre l’humanité. Le second objectif sera donc d’étudier la pluralité de ces mémoires de guerre, tant leur contenu, que leurs émetteurs et vecteurs, et d’expliquer leurs différents usages.

Dans cette double perspective, le Centre Val de Loire apparaît comme un champ d’étude particulièrement approprié. D’une part, le siège d’Orléans par les Anglais en 1428-1429, les massacres de protestants après la Saint-Barthélemy, puis les invasions et occupations de la région par les troupes de la Coalition en 1814, ensuite les Prussiens en 1870, l’ont marqué de leur empreinte avant même les deux guerres mondiales. D’autre part, alors que le Centre Val de Loire accueillit plusieurs camps d’internement aujourd’hui célèbres : Pithiviers, Jargeau, Beaune la Rolande, leur souvenir y fut longtemps – comme ailleurs – occulté, jusqu’à la création à Orléans, en 1991, du CERCIL, centre aujourd’hui incontournable de la mémoire de la Shoah en France.

 

Au cours d’une première demi-journée, les intervenants étudieront qui sont les acteurs du « devoir de mémoire » en Centre Val de Loire.

La seconde journée analysera comment les mémoires des différentes guerres contribuent au patrimoine du Centre Val de Loire, en analysant quels en sont les lieux de mémoire, tels que les a définis Pierre Nora, et en particulier les grandes figures et commémorations propres à la région.

La dernière journée élargira la perspective du local au national, d’une part en étudiant les rejeux de mémoire des guerres successives à des périodes différentes, d’autre part en croisant les approches, littéraire et historienne, sur les mots de la guerre.