Université d'Orléans

Thématiques de recherche

Au sein du laboratoire POLEN, la spécificité du CEPOC est de focaliser ses travaux sur le champ des pouvoirs et des contre-pouvoirs, politiques d’abord, ou essentiellement, mais aussi, plus largement, sociaux et culturels.  Il regroupe des historiens du politique, du droit et de la littérature, ainsi que des civilisationnistes (plus une sociologue et une anthropologue). Ses problématiques et ses travaux sont centrés sur la période contemporaine (XIXe-XXIe siècles) mais ils sont largement ouverts aux autres périodes historiques, de l’Antiquité à la période moderne. La dimension internationale et comparatiste, notamment avec les espaces anglophones et méditerranéens, est systématiquement recherchée.

Les axes de recherche du CEPOC sont étroitement connectés à la volonté d’une recherche trans-disciplinaire et comparatiste, qui s’appuie sur la compétence réelle des enseignants-chercheurs. Cinq directions se sont donc imposées, comme des points d’appui d’une réflexion collective, si possible à partager avec les deux autres équipes de POLEN :

1. Les types et normes du discours politique : discours ou débat parlementaire, discours tribunicien, discours partisan, discours de campagne, discours rituel, discours d’éloge, formes de l’éloquence ou de l’art oratoire. On s’intéresse par ailleurs aux formes peu étudiées du discours politique, tels ceux des contre-pouvoirs (exemples des organisations syndicales ou patronales, mouvements protestataires, groupes de pression..) aux spécificités du discours local ou territorial (élus locaux, agents de tutelle etc..), qui renvoient aux spécialités des historiens du droit orléanais. L’approche du discours politique selon des déterminants plus ou moins normés inhérents au champ institutionnel, au champ sociologique ou aux contingences du débat politique, fait une large place à l’étude des formes (techniques, normes, procédés, esthétique, rhétorique, art oratoire, procédés performatifs, etc), permettant de valoriser la collaboration entre historiens, littéraires et linguistes.

2. L’écriture « non discursive » du politique, que ce soit l’image, la caricature, la gestuelle, les mises en scène, les rituels… L’utilisation de l’image, à la fois comme médiateur discursif et comme objet esthétique ou socio-culturel, est l’un des axes forts de nos recherches, s’inscrivant là encore dans un champ de recherches pratiqué depuis longtemps par les spécialistes de CEPOC, par exemple à propos de la caricature parlementaire, des représentations de l’iconographie républicaine, de la mythologie providentialiste ou encore de la famille socialiste dans la France du XXe siècle.

3. La connexion socio-culturelle du littéraire et du politique. Une attention particulière est aussi donnée à la place des écrivains et artistes dans l’écriture du politique, notamment à travers l’étude de la littérature d’idées, des rapports entre écrivains et pouvoirs, des écrivains face aux mythes politiques. L’étude du roman parlementaire, dans une dimension nationale et internationale, constitue l’un des principaux champs d’expérimentation de cette démarche. Mais on s’intéresse aussi aux marges littéraires et à la subversion, et bien sûr à l’expression théâtrale comme lieu de la médiation sociale ou politique. La figure de l’intellectuel, son rapport au politique, est l’un des axes de recherche explorés par nos doctorants.

4. L’écriture et les discours mémoriels, dans une perspective à la fois patrimoniale, historique (politiques de la mémoire, mémoires partisanes), mais aussi littéraire et artistique. C’est un champ en pleine expansion, et qui correspond parfaitement aux compétences exprimées dans l’équipe CEPOC, tant chez les historiens que chez les littéraires et les linguistes. La perspective est donc à la fois historique, concernant par exemple les politiques de la mémoire (commémorations, discours politique et mémoire de l’événement), les mémoires partisanes, mais aussi plus littéraire, concernant les Mémoires politiques, les rapports entre l’écrivain et la mémoire du politique, et plus précisément les représentations littéraires de l’identité territoriale, telles que le projet LOCMEM les a soulignées.

5. Les processus de diffusion du discours (communication, propagande, représentations collectives) ainsi que de la réception des normes et modèles issus des pouvoirs et contre-pouvoirs politiques, comme points de rencontre, de négociation ou de conflits. On s’intéresse notamment aux processus de diffusion et d’insertion dans les rituels politiques locaux, mais aussi dans les représentations collectives et les mythologies. On insiste sur le travail de retranscription des discours dans les mémoires privés, la littérature, la presse qui sont autant d'interprétations et qui permettent de saisir un rapport au politique.