Université d'Orléans

Promenade et rituels sociaux (1650-1850)

14 octobre 2016

 

Détails des nouveaux jardins à la mode,
XXIe cahier des jardins anglo-chinois
,
Paris, le Rouge, 1776-1779

 

On conçoit aujourd’hui la promenade comme un exercice physique, comme une pratique touristique ou comme une activité solipsiste, tournée vers la rêverie. Mais, avant les promeneurs solitaires ou les flâneurs des villes (tels que les a étudiés Walter Benjamin), la promenade relève aussi des comportements et des usages sociaux : c’est dans cette perspective que nous souhaiterions aborder cette question. Nos travaux s’inscriront dans le cadre des activités de l’équipe POLEN, et plus précisément du laboratoire CLARESS sur les rites entre histoire et littérature aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Dans son livre Le Promeneur à Paris au XVIIIe siècle (Paris, Gallimard, 2007), Laurent Turcot explore la généalogie du promeneur parisien moderne et la façon dont cette figure nouvelle, à la fin du XVIIIe siècle, parvient à s’approprier l’espace urbain. C’est dans ce sillage que nous souhaiterions inscrire les travaux proposés à l’occasion de ce colloque. En croisant archives, documents historiques et textes littéraires, nous suggérons que soit abordée la promenade comme rituel de civilité, sans limiter toutefois son exploration à l’espace urbain : à la lecture des descriptions de jardins (depuis les différentes Manières de montrer les jardins de Versailles de Louis XIV, jusqu’aux évocations des parcs pittoresques de la fin du XVIIIe siècle ou des premières années du XIXe siècle), on comprend de quelle façon l’exploration de l’espace du jardin peut relever du rituel social (y compris sur les modes du paradoxe ou de la critique). Nous souhaiterions que soit abordée la façon dont la promenade est traitée dans les manuels de civilité, nous proposons d’étudier les codifications dont elle fait l’objet, les moyens concrets auxquels elle recourt (à pied ou non ?), les hiérarchies qu’elle met au jour ou qu’elle conteste jusqu’au seuil du XIXe siècle Pourraient enfin étudiées plusieurs figures d’écrivains-promeneurs (comme Mercier ou Rétif de La Bretonne), sans que soit perdue de vue la question de l’articulation de l’individuel et du social.

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