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Cahiers du laboratoire collectivités locales
Entrer dans la ville
N° 4-2007 Série Droit
Presses Universitaires d’Orléans 2007
Un ouvrage de 159 pages
Entrer dans la ville, c’est franchir un seuil. Ce seuil n’est pas qu’une simple limite qui ferait passer d’une
sorte de no man’s land à l’espace urbain et à l’ensemble des services offerts par ce dernier. Parce qu’il
concentre un certain nombre de difficultés qui lui sont propres, il se présente aujourd’hui comme un
véritable lieu d’urbanisme appelant un traitement spécifique. Deux catégories d’espaces peuvent à cet
égard être identifiées, à l’examen desquelles se sont livrés les participants –juristes, historiens, élus locaux
et urbanistes – à la journée d’études d’Orléans du 9 février 2007, dont les actes sont publiés dans ce
Cahier du laboratoire collectivités locales.
Une première catégorie correspond à ce qui est communément appelé « les entrées de villes » dont le
paradoxe tien à la répulsion qu’elles suscitent et au succès qu’elles continuent de rencontrer. En vérité,
c’es peut-être moins la nature des enjeux suscités par le phénomène des entrées de villes – desserte en
transports, flux de circulation, incidence du jeu du marché, niveau des ressources financières locales,
articulation avec le reste de la ville – que leur caractère paroxystique qui fait débat. Les espaces fortifiés
ou anciennement fortifiés relèvent d’une seconde catégorie. La limite physique de la ville matérialisée par
les fortifications a cessé d’être, soit par démantèlement, soit en raison de la disparition de tout rôle
défensif, ce qui a conduit la ville à dépasser de manière irrésistible les frontières qui lui étaient
assignées. Mais même disparues, physiquement ou simplement fonctionnellement, les fortifications ont
constitués et continuent de constituer un fort enjeu d’aménagement, qu’il s’agisse de réutiliser le foncier
libéré, ou d’insérer dans la ville un patrimoine culturel souvent exceptionnel. L’Histoire trace ainsi les
contours de l’aménagement urbain de demain.
Les contributions rassemblées dans cet ouvrage montrent combien il est aujourd’hui difficile de saisir la
notion de seuil, en raison du développement urbain incessant et de la diversité de ses formes, au point que
la tentation serait grande de lui dénier tout intérêt conceptuel et opérationnel. Pourtant, jamais cette notion
n’a été aussi présente dans les préoccupations de ceux qui font la ville, et on pourrait même dire que plus
la ville s’étale, et plus grandit le « désir de seuil », que celui-ci résulte de la volonté de marquer de
nouvelles limites, ou qu’il s’agisse de retrouver celles du passé. Mais il est évident qu’il ne peut pas s’agir
de concevoir ces seuils, nouveaux ou retrouvés, comme des barrières : bien au contraire, c’est très
certainement en liaison avec l’espace extérieur que ces seuils sont envisagés.
La journée d’études aura permis de rendre compte du rôle du droit dans cette réflexion. Rôle parfois
contrarié en raison de l’insuffisance technique du droit applicable, ou de son contournement pur et simple,
mais aussi rôle au service d’un projet cohérent et ambitieux, à la recherche de la « ville durable ».
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