Université d'Orléans

Le VIH / SIDA

Le Sida est une maladie due à une infection par le VIH, un virus qui affaiblit progressivement le système immunitaire et engendre, en l’absence de traitement, de graves conséquences sur la santé pouvant aller jusqu’au décès. Avec plus de 35 millions de personnes infectées par le VIH dans le monde en 2013 (OMS), le VIH/Sida a suscité une mobilisation sans précédent à l’échelle mondiale depuis les années 1980, tant sur le plan de la recherche scientifique, que des politiques de prévention, des programmes de prise en charge des malades, mais aussi de lutte contre la stigmatisation et la discrimination dont ceux-ci font souvent l’objet.

 

A - Qu’est-ce que le VIH/Sida ?

 

Le VIH ou « Virus de l’Immunodéficience Humaine » est le virus responsable du Sida (« Syndrome de l’Immunodéficience Acquise »). Une fois dans l’organisme, le VIH détruit des cellules du sang (les lymphocytes) qui sont nécessaires au bon fonctionnement du système immunitaire, c’est-à-dire du système de défense de l’organisme. Sans traitement, l’organisme perd ses moyens de défense naturels et devient plus vulnérable. Il contracte alors des maladies dites « opportunistes », c’est-à-dire, qui n’auraient pas affecté un organisme non affaibli par le virus.

 

a)      Définition du VIH

Le VIH est un rétrovirus, c’est-à-dire un virus dont le matériel génétique (ARN) est capable de s’intégrer à l’ADN des cellules qu’il infecte et de se servir de ces cellules pour pouvoir se répliquer. La grande variabilité du VIH, comme de tous les virus à ARN, induit une importante capacité de mutation et donc d’adaptation. Ainsi, il existe plusieurs VIH, que l’ont peut regrouper en deux grandes catégories : les VIH-1 et VIH-2. Tous les types VIH peuvent causer le Sida. La pandémie actuelle est due principalement au type VIH-1.

 

b)     Signification du mot SIDA

Le Sida est le stade le plus avancé de l’infection à VIH, défini par la survenue de l’une des infections opportunistes ou de l’un des cancers liés au VIH (OMS).

S pour Syndrome, qui désigne l’ensemble des symptômes et des troubles provoqués par le virus.

I et D pour ImmunoDéficience : le virus attaque les défenses naturelles (ou « immunitaires », les rendant « déficientes ». Le corps ne peut plus se protéger contre de nombreuses infections et risque d’être atteint par des maladies dites « opportunistes », voire certains cancers.
A pour Acquise : l’immunodéficience n’apparaît pas spontanément. Elle est provoquée par le virus. Elle est donc acquise.

 

c)      L’origine du VIH/Sida

De nombreuses études suggèrent que le VIH est le résultat de la mutation d’une souche virale appelée VIS (ou « Virus d’Immunodéficience Simienne »), présente chez les macaques. Si le VIH a été découvert en 1983, il serait apparu en réalité chez l’homme autour de 1908 et se serait répandu en Afrique dans les années 1960, à la faveur de l’urbanisation. A la fin des années 1970, le virus s’est propagé de l’Afrique au continent nord-américain puis à l’Europe et partout ailleurs dans le monde. Le premier cas de Sida a été identifié en 1981, date du début de l’épidémie mondiale, tandis que le VIH a été découvert en 1983. En quelques années, l’épidémie du VIH/Sida est passée au stade de pandémie mondiale, suscitant depuis, une forte mobilisation internationale.

 

d)     Mode d’action du VIH

Le VIH s’attaque aux lymphocytes, des cellules du sang essentielles pour défendre le corps contre les infections. L’organisme infecté finit par être très affaibli par le VIH et la personne infectée devient alors vulnérable face à de nombreuses maladies, dites « opportunistes ». Ces maladies sont pour beaucoup dues à des infections le plus souvent bénignes pour les personnes en bonne santé (grippe, herpès par exemple) mais potentiellement graves pour les personnes séropositives. D’autres, en revanche, sont sérieuses (tuberculose par exemple).

 

e)      Des symptômes variables selon le stade de l’infection

Les symptômes d’une infection par le VIH diffèrent suivant le stade d’évolution de l’infection :

  • la phase d’incubation : le virus se multiplie dans l’organisme après la contamination. Cette phase peut durer plusieurs semaines et ne se manifester par aucun symptôme.
  • Le stade de primo-infection : des symptômes similaires à ceux de l’état grippal apparaissent : fièvre, douleurs musculaires, maux de tête, diarrhée.
  • Stade d’évolution asymptomatique : ce stade peut durer plusieurs années. On peut donc être porteur du virus (« séropositif »), sans le savoir et courir ainsi le risque de ne pas être traité à temps et de contaminer d’autres personnes en ne prenant pas les mesures de protection adéquates.
  • Phase d’apparition des premiers symptômes : perte de poids, fièvre, infections de la peau, diarrhée et toux.
  • Le stade du SIDA : survenue d’une ou plusieurs maladies dites « opportunistes » en raison de l’affaiblissement important du système immunitaire (infections bactériennes, parasitaires, fongiques, parfois cancers).

Les personnes séropositives peuvent transmettre la maladie à tous les stades de l’infection. Lorsque ces personnes sont traitées précocement et bien suivies, le risque de transmission du virus à d’autres personnes est réduit si leur charge virale atteint un niveau très bas.

 

f)       Infections opportunistes les plus fréquentes chez les personnes séropositives
  • Tuberculose (TB) : infection due à une bactérie appelée bacille de Koch. Le VIH et le bacille de Koch accélèrent mutuellement leur progression dans l’organisme. La tuberculose est la cause principale des décès des malades du Sida : un décès sur quatre lié au Sida dans le monde est dû à la tuberculose. L’infection touche essentiellement les poumons et se traduit par une toux importante et durable, avec, dans certains cas, rejet de sang avec l’effort de toux, perte d’appétit, amaigrissement rapide, sueurs nocturnes. La tuberculose peut être évitée et peut se guérir. Consultez le Dossier Tuberculose de l’Institut Pasteur.
  • Hépatites B et C : En 2013, on estime que l’hépatite B et l’hépatite C ont touché respectivement entre 2 et 4 millions et 4 à 5 millions de personne vivant avec le VIH à travers le monde (ONUSIDA).
  • Virus de l’herpès (HSV), avec des conséquences potentiellement très sérieuses.
  • Candidose : infection due à un champignon du genre Candida, qui peut infecter différentes muqueuses : la cavité buccale, la muqueuse vaginale et l’œsophage. Consultez le Dossier Candidose de l’Institut Pasteur.
  • Cryptococcose : mycose due à un champignon (levure) du genre Cryptococcus, transmise le plus souvent par voie respiratoire, qui affecte le plus souvent les cellules du système nerveux central (méningo-encéphalites avec risque de séquelles neuropsychiques parfois lourdes), mais peut aussi toucher les poumons et provoquer des lésions cutanées.
  • Cytomegalovirus (CMV) : infection due à un herpès pouvant atteindre 1 ou plusieurs organes. La rétine est parfois atteinte chez les personnes séropositives, qui courent alors un risque de cécité.
  • Penumopathie à Mycobacterium Avium Complex (MAC) : infection pulmonaire due à une bactérie appartenant au genre Mycobacterium, qui peut causer des fièvres récurrentes, des pertes de poids sévères et des problèmes digestifs.
  • Pneumocystose ou pneumonie à pneumocystis : infection fongique (champignon) à l’origine de pneumonies potentiellement mortelles pour les personnes séropositives non traitées.

 

Source
Direction générale de la santé
Sous-direction Prévention des risques infectieux
Bureau Infections par le VIH, IST et hépatites
14, avenue Duquesne
75007 Paris

 

B - Modes de transmission du VIH et mesures de prévention contre le VIH

21 octobre 2014

 

Le virus du Sida est présent dans les liquides biologiques de l’organisme des personnes atteintes : le sang, le sperme et le liquide séminal (pré-éjaculatoire) chez l’homme, les sécrétions vaginales et le lait chez la femme. C’est par l’intermédiaire de ces liquides que le VIH se transmet. Pour pénétrer dans l’organisme, le virus doit trouver une porte d’entrée. Il existe trois modes de transmission du VIH qu’il faut connaître pour éviter une contamination, car il n’existe à ce jour aucun vaccin pour prévenir une infection par le VIH.

 

Le VIH peut se transmettre de trois façons différentes :

  • par voie sexuelle lors de rapports sexuels non protégés ;
  • par le sang, à travers un contact avec du sang contaminé ;
  • d’une mère porteuse du virus à son enfant .

Quel que soit le mode de contamination, la présence d’une autre infection sexuellement transmissible (IST) comme la syphilis, l’herpès, la chlamydiose, la gonorrhée ou une vaginite bactérienne constitue un facteur de risque qui expose les personnes à un risque accru de contracter l’infection à VIH.

 

 a) Contamination par voie sexuelle
 

Le VIH peut se transmettre lors de rapports sexuels non protégés : pénétration vaginale, pénétration anale et contacts buccaux-génitaux (fellation) sans préservatif. Le virus pénètre alors par les muqueuses qui tapissent les parois internes de la bouche, du vagin et du rectum. La transmission du VIH peut se produire lors d’un seul rapport sexuel non protégé avec une personne infectée par le VIH.

Le risque de contamination par voie sexuelle est aggravé :

  • lorsque les muqueuses comportent des lésions.
  • au cours du premier rapport sexuel ;
  • lors des règles de la femme ;
  • si l’un des partenaires est porteur d’une infection sexuellement transmissible (IST) ;
  • si le rapport s’accompagne de violence, ce qui peut provoquer des lésions des muqueuses, même si elles sont invisibles.

La transmission du VIH en cas de contact non protégé de la bouche avec le sexe féminin (cunnilingus) ou avec l’anus (anulingus) reste faible. Toutefois d’autres infections sexuellement transmissibles (IST) peuvent être transmises par ces pratiques.

 

Comment se protéger ?
Lors des relations sexuelles, l’utilisation du préservatif masculin ou féminin est indispensable. Le préservatif est le seul moyen de protection efficace contre le Sida et contre la plupart des autres IST.

NB : La pilule contraceptive, le stérilet, les ovules et autres moyens de contraception ne protègent ni des IST, ni du VIH/Sida.

 

Toutes les informations utiles sur le préservatif masculin et féminin (Où les acheter, es précautions nécessaires, les lubrifiants, les modes d’emploi, etc.) sont accessibles via les liens suivants :

 

 b) Contamination par voie sanguine, à travers un contact avec du sang contaminé

Le VIH peut se transmettre en cas de partage, avec une ou plusieurs personnes, d’aiguilles, de seringues ou d’autres instruments utilisés pour une injection de drogue par voie intraveineuse. Ce risque s’ajoute aux autres dangers pour la santé liés à l’usage de drogue par voie intraveineuse (exemples : hépatites B et C).

 

Comment se protéger ?
Il est impératif d’utiliser systématiquement, pour chaque injection ou sniff, du matériel de préparation neuf et une seringue stérile neuve, de paille à usage personnel.

Les usagers de drogues ne doivent donc jamais partager ni une seringue, ni le matériel utilisé pour la préparation du produit, ni une paille.

NB : Les seringues et trousses de prévention sont en vente libre en pharmacie et les associations menant des actions de prévention distribuent gratuitement du matériel d’injection.

Le VIH peut se transmettre aussi en cas de blessure avec un objet souillé de sang frais contaminé : les piqûres accidentelles, notamment chez les agents de santé.

 

Le point sur la transfusion sanguine

Aujourd’hui, en France, le risque de transmission du VIH par transfusion sanguine est pratiquement nul. En effet, depuis août 1985, un entretien médical préalable avec chaque personne qui se présente pour un don de sang permet de ne pas retenir les personnes qui ont pu se trouver dans des situations à risque. De plus, des tests sont systématiquement pratiqués sur tous les dons de sang. Des tests sont également obligatoires dans le cas de dons d’organes, de sperme et de lait. La transfusion sanguine et les soins impliquant l’injection de produits sanguins ne représentent encore un risque de contamination que dans les pays où le dépistage sanguin n’est pas effectué.

 

c) Passage du virus d'une mère séropositive à son enfant

Il y a un risque de transmission du VIH à l’enfant durant la grossesse, lors de l’accouchement ou pendant l’allaitement (par le lait maternel). Le suivi médical des femmes enceintes et les traitements antirétroviraux ont cependant considérablement réduit ce risque. Le risque de transmission du virus d’une femme enceinte sous traitement à son enfant est aujourd’hui de moins de 2% en France.

 

Comment protège-t-on l’enfant à naître ?
Un test de dépistage du VIH est systématiquement proposé aux femmes enceintes. Un traitement antirétroviral est proposé en cas de séropositivité.

Quand une mère est atteinte par le VIH, l’allaitement est tout à fait déconseillé.

 


VRAI ou FAUX ?

  • Le VIH est en quantité trop faible dans la salive, la sueur, les larmes ou l’urine pour qu’il puisse se transmettre par l’intermédiaire de ces liquides. Ceux-ci ne sont donc pas contaminants.
  • Le virus ne se transmet par aucun des gestes de la vie quotidienne, ni par les poignées de main, étreintes, caresses ou baisers, l’ingestion d’eau ou de nourriture.
  • Le VIH ne se transmet pas par l’utilisation d’équipements publics (toilettes, douches, piscine…).
  • Le VIH ne se transmet pas par les piqûres de moustiques ou d’autres insectes.


Documents pratiques

Brochure INPES : Questions d’ados (Amour - sexualité) - 2014.
Réponses sur l’amour, la sexualité, la contraception, l’avortement, les infections sexuellement transmissibles (IST), le sida et les préservatifs. Une liste de numéros utiles complète le document.

[Brochure INPES : Vaincre le sida : Conseils utiles pour soi et pour les autres (Transmission - Diagnostic/dépistage - Prévention)-http://www.inpes.sante.fr/CFESBases…].
Informations sur la prévention, consultations de dépistage anonyme et gratuit (CDAG), numéros d’appel confidentiels et anonymes d’information. (Etat des connaissances : avril 2002.)

Brochure INPES : Infection par le VIH/sida et travail.
Pour tous ceux qui peuvent être confrontés aux questions posées par le sida sur leur lieu de travail, afin de les aider dans leur action. (Etat des connaissances : mars 2004.)


Informations sur la prévention, le dépistage et la prise en charge des autres IST

Consultez le dossier Infections sexuellement transmissibles (IST).

Source
Direction générale de la santé
Sous-direction Prévention des risques infectieux
Bureau Infections par le VIH, IST et hépatites
14, avenue Duquesne
75007 Paris