Université d'Orléans

L'hépatite B

 

09-02-2012

Cette hépatite est causée par le virus de l’hépatite B (ou VHB) qui se transmet par le sang et les autres liquides organiques (salive, sécrétions génitales).Son délai d’incubation est plus long (entre 30 et 180 jours) que celui du virus de l’hépatite A. Une fois dans l'organisme, le VHB circule dans le sang et atteint son organe cible, le foie. Le VHB est environ 100 fois plus contagieux que le VIH. C'est une maladie très répandue dans le monde.

 

Épidémiologie

L’hépatite B est un problème de santé publique majeur : on estime que 2 milliards de personnes sont concernés dans le monde, dont environ 350 millions de porteurs d’une hépatite B chronique.
La France fait partie des pays de faible endémie. On estime que l’hépatite B chronique touche environ 0,65% des adultes âgés de 18 à 80 ans, soit environ 280 000 personnes.

Transmission

Le virus se transmet par le sang, le sperme, les sécrétions vaginales ou la salive. Il y a donc risque de contamination en cas de :

  • rapports sexuels non protégés
  • transfusion sanguine (de sang contaminé), mais ce risque est contrôlé en France par un dépistage systématique des donneurs de sang.
  • piqûre avec des seringues contaminées, chez les toxicomanes ou le personnel médical (risque contrôlé par l’utilisation de matériel à usage unique)
  • tatouages, piercing, scarification, coupures involontaires (lors de rasages chez le barbier par exemple) faits avec des instruments contaminés
  • griffures entre enfants porteurs, petites coupures ou piqures faites par des rasoirs, ciseaux à ongles, brosses à dents contaminés et partagés …
  • de mère à enfant pendant l'accouchement ou par allaitement si le lait maternel contient beaucoup de virus (particulièrement en Afrique et Asie).

En France, ce sont les transmissions par voie sexuelle et par voie parentérale (injections avec du matériel contaminé) qui sont majoritaires. Dans 30 % des cas, le mode de contamination reste inconnu.

 

Symptômes

L’infection aigüe par l’hépatite B ne donne pas de manifestations apparentes dans la majorité des cas. Seules 40 % des infections aiguës par VHB vont s’accompagner de symptômes : fatigue, perte de l’appétit, douleurs abdominales, nausées et vomissements, syndrome grippal (fièvre et courbatures). Plus rarement, ces symptômes peuvent s’associer à une jaunisse (ou « ictère » en terme médical), et une coloration foncée des urines.

Que l’hépatite aigüe soit symptomatique ou non, elle va guérir spontanément en quelques semaines dans 90 % des cas, et les éventuels symptômes vont disparaitre progressivement. Dans cette situation, la maladie disparait donc sans traitement et c’est à postériori, à l’occasion d’une analyse de sang, que l’on apprend que l’on a été un jour infecté.

Dans de rares cas, l’hépatite B aigüe peut être sévère, voir même atteindre le stade d’hépatite aigüe fulminante (moins de 1% des cas). Cette forme d’hépatite B aigüe est mortelle 8 fois sur 10 en l’absence d’une transplantation hépatique en urgence.
Enfin, dans les 5 à 10% de cas restants, l’hépatite B persiste et devient chronique (chez les nourrissons, l’évolution vers une forme chronique se fait dans 90% des cas). Le virus persiste alors dans le sang, pendant des mois, des années, voir à vie. Ces formes chroniques s’accompagnent souvent de lésions du foie, menant à la cirrhose et au cancer (15 % à 25 % des porteurs chroniques).

 

Traitements

Le traitement n’est utile que chez les porteurs d’une hépatite B chronique. Parmi les personnes porteuses d’une hépatite B chronique, 30 % ne présenteront aucun symptôme, car le virus est présent mais n’est pas actif. Dans 40% s’installe une hépatite chronique stable et persistante et dans 30% des cas une hépatite chronique évolutive et active. Ces  personnes risquent le développement d’une cirrhose ou d’un cancer du foie et  doivent être particulièrement surveillés. Le traitement prend alors toute son importance : s’il n’entraîne pas la guérison à ce jour, il permet néanmoins de ralentir la progression de la maladie, et d’éviter la survenue des complications.

Prévention

En France, la vaccination contre l’hépatite B est obligatoire pour les personnels exerçants dans des établissements de soins et de prévention. Elle est fortement recommandée chez les nourrissons, les enfants/adolescents non antérieurement vaccinés, et dans les populations à risque (entourage d’une personne porteuse chronique de l’hépatite B, personnes ayant plusieurs partenaires sexuels, usagers de drogues par voie intraveineuse ou partageant du matériel (paille de sniff, pipes à crack…), , enfants/adolescents dans des institutions psychiatriques ou pour handicapés, séjours en pays de forte et moyenne endémie...)
La vaccination contre l'hépatite B a été adoptée dans de nombreux pays dans le monde et elle a apporté la preuve de son efficacité par une réduction rapide de l’incidence et de la mortalité par carcinome du foie (Taïwan, Italie, etc.).

En 1998, cette vaccination a été partiellement suspendue en France car elle a été alors soupçonnée de favoriser la survenue de certaines maladies auto-immunes, comme la sclérose en plaque. Ce lien n'a jamais été prouvé malgré de nombreuses études menées sur le sujet. Les bénéfices apportés par la vaccination sont quant à eux clairement établis. Cette vaccination  mise au point en 1976 a permis la disparition quasi totale de la maladie chez les soignants pour qui elle constituait un risque majeur. Dans les pays de forte endémie où la vaccination a été largement pratiquée comme Taiwan, elle a entraîné une diminution significative du nombre de cancers du foie.

 

Source : http://www.inpes.sante.fr/10000/themes/hepatites/hepatite-B.asp