Fils d'Ariane

University : Main content

Titre de page

Programmes de recherche

Contenu de la page principale

Programmes de recherche financés

 

    APR-IA ArchAT (2018-2020) : Les archives d'Augustin Thierry

    • Collaboration POLEN / IRHT / CESR
    • Fonds d'archives de Blois (AD 41, Bibliothèque Abbé Grégoire, AM)
    • Financement Région Centre Val de Loire
    • Direction : Aude Déruelle.
    • Post-doctorat : Giorgia Vocino

     

    APR-IA DIMAGIR (2020-2021) : Divination, magie et répression à la fin du Moyen Âge

    • Direction : Julien Véronèse
    • Chercheurs impliqués dans le projet : Solène Baron (Paris IV) ; Jean-Patrice Boudet (Orléans, POLEN) ; Bruno Laurioux (Tours, CESR) ; Corinne Leveleux-Teixeira (Orléans, POLEN) ; Franck Mercier (Rennes 2) ; Laure Miolo (Paris, Observatoire) ; Martine Ostorero (Lausanne) ; Karol Skrzypczak (Orléans, POLEN) ; Alexandre Tur (Paris, BnF).
    • Financement Région Centre Val de Loire
    • Le projet : À compter du XIIe siècle, les cours d’Europe occidentale ont été des lieux de production, de conservation et de diffusion de textes et de savoirs nouveaux en partie importés des mondes arabes, grecs ou juifs, situés à la frontière entre le licite et l’illicite – voire au-delà de cette limite –, tels que l’astrologie, la divination et la magie. Face à ces savoirs et pratiques à la limite de la norme, l’État français naissant et les princes territoriaux ont hésité entre la répression, l’instrumentalisation et l’adhésion. Les princes laïcs ont ainsi joué un rôle important dans la répression de la magie démoniaque et de la sorcellerie au XVe siècle, tout en ayant de plus en plus souvent recours aux services d’astrologues, voire de magiciens « invocateurs de démons » pour satisfaire leur curiosité ou leurs ambitions politiques. Dans ce projet, nous étudierons par conséquent ces savoirs et ces pratiques astrologiques, divinatoires et magiques à la lumière de l’attitude souvent contradictoire des pouvoirs laïcs et ecclésiastiques à leur égard, en croisant les différents types de sources à notre disposition, tels que les prédictions astrologiques, les traités de magie et les actes de procès. Le projet dessine par conséquent un champ de recherche original qui se situe à la croisée de l’histoire culturelle et de l’histoire politique de la fin du Moyen Âge et qui entend de ce fait associer des compétences qui le sont rarement, ou du moins pas suffisamment : celles d’une part de spécialistes des traditions de textes astrologiques, divinatoires et magiques de la fin du Moyen Âge, qui travaillent sur leur diffusion et leur réception dans l’Occident latin ; celles, d’autre part, de spécialistes du droit, de la procédure judiciaire, de la majesté et de la souveraineté princières et de la répression de la sorcellerie, qui peuvent, dans le cadre de leurs recherches, rencontrer l’accusation de magie, parfois fondée sur des traditions bien attestées. S’il entend privilégier l’espace français, le projet définit en réalité une problématique qui pourrait être aisément élargie à l’Occident latin dans son ensemble. Dans l’immédiat, on se livrera à un certain nombre d’études de cas qui concernent le royaume de France des XIVe et XVe siècles, notamment par la réalisation d’éditions de textes astrologiques et magiques, mais aussi de textes de nature juridique et d’actes de procès à la tonalité toujours très politique.
    • Journée d'étude organisée le 16 juin 2020 à l'Université d'Orléans.
    • Co-financement du Colloque international MicrologusBetween Workshop and Court: The Recipe from the XIIth to the XVIIth Centuries (Europe, Islam, Far East) / Entre l'atelier et la cour : la recette du XIIe au XVIIe siècle (Europe, Islam, Extrême Orient), organisé par D. Ardesi, B. Laurioux, A. Paravicini Bagliani et C. Poirier, Tours, 21-24 octobre 2020. 

     

    APR-IA EUDIREM (2016-2018) : Espaces urbains, dynamiques et identités religieuses dans l'Europe moderne

    • Direction : Élise Boillet (Tours, CESR) et Gaël Rideau (Orléans, POLEN)
    • Financement Région Centre Val de Loire
    • Le projet : Le programme est centré sur l’analyse des pratiques religieuses en lien avec l’espace urbain dans l’Europe moderne (XIVe-XVIIIe siècles). C’est dans le contexte urbain de cette longue période, caractérisé par de fortes dynamiques socio-économiques, politiques, culturelles et religieuses, que la laïcisation grandissante de la piété et de la spiritualité transforme profondément les pratiques religieuses. Parce que le sacré est de moins en moins contenu dans les seuls espaces ecclésiastiques, les sociétés urbaines sont travaillées par des phénomènes successifs de sacralisation de l’espace, aussi bien public que privé, qui s’enracine dans la pastorale religieuse, et de sécularisation de l’espace public. Cette dernière entraîne le rejet du religieux dans l’espace privé et le développement de nouvelles sacralités profanes et civiques. La thématique envisagée, qui inclut la visibilité du religieux dans l’espace public et son articulation avec l’espace privé, amène à interroger des problématiques qui entrent en résonance avec les sujets contemporains liés à la laïcité et à la coexistence des identités civiques et religieuses. À partir de la Devotio moderna au XIVe siècle, qui a préparé le terrain aux Réformes du XVIe siècle, les laïcs ont revendiqué une participation plus active à la vie chrétienne, vécue à la fois dans le for intérieur et dans la vie collective. Les habitants des villes, membres d’une paroisse, d’une corporation de métiers, d’une confrérie religieuse, d’un corps administratif ou éducatif, d’une communauté confessionnelle, vivent leur religion au sein de différentes structures civiles et religieuses ayant chacune une identité propre et dans un lien étroit entre pratiques privées et publiques, individuelles et collectives. On lit ainsi chez soi l’Évangile du jour avant de l’écouter à la messe, on participe à des discussions théologiques sur la place publique après le prêche d’un célèbre prédicateur itinérant, on retrouve sa «vive» voix dans un livre imprimé lu seul ou en communauté, on récite un psaume comme acte de dévotion individuelle et on le chante dans une procession. Ces pratiques transversales aux espaces privés et publics comptent ainsi l’usage de textes lus, récités ou chantés, les pratiques familiales et confraternelles de commensalité et de charité, de pénitence et de discipline, le culte privé et public des saints, la participation aux fêtes religieuses qui associent procession, prédication et théâtre religieux. Du point de vue méthodologique, la pluralité et la complexité des pratiques appelle une approche pluridisciplinaire engageant l’histoire médiévale et moderne (des villes, de l’Eglise, des confessions), la sociologie culturelle, l’histoire du livre, des littératures et des arts, la musicologie. On s’intéressera aussi  à la religion vécue, la notion d’expérience, issue de l’anthropologie culturelle et utilisée dans l’analyse des coexistences confessionnelles, est essentielle. Les pratiques vécues n’excluent pas le discours théorique et normatif, mais se le réapproprient, l’interprètent. Le rapport entre pratiques et discours est central, dans la mesure où l’expérience religieuse a stimulé toute une réflexion théologique, avec des développements philosophiques, politiques et esthétiques, sur la piété religieuse, ses ressorts intimes et ses manifestations extérieures (les spirituels du XVIe siècle, les courants jésuites, quiétistes et jansénistes des XVIIe-XVIIIe siècles, les réformes éclairées du XVIIIe siècle). L’un des enjeux de ces pratiques est d’affirmer une visibilité, visibilité dans un contexte historique donné et visibilité repérable par l’historien d’aujourd’hui, qui permet de poser la question du rapport du religieux à l’espace public. La ville est alors comprise comme objet d’analyse à part entière et non seulement comme cadre. Il s’agit bien d’une analyse dynamique entre ville et expérience religieuse.