Fils d'Ariane

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Autres projets de recherche

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Le laboratoire POLEN est à l'initiative d'autres projets de recherche.

 

- Création du GIS LuxOrientis (2023-2028)

 

Ce projet de réseau et d’études a été élaboré au cours de l’année universitaire 2020-2021 par trois enseignants-chercheurs (historien, historien de l’art, civilisationniste, et deux chercheurs du CNRS, sociologue et anthropologue) travaillant sur le patrimoine matériel, immatériel et sur l’Orient au sens large (mondes islamisés, mondes asiatiques et extrême-orientaux). Il réunit les Universités d’Orléans, de Poitiers, de Bordeaux, l’UMR CEIAS (EHESS) et le Musée du Louvre (le département des Arts de l’Islam). Le projet concerne principalement l’étude d’un concept via le patrimoine matériel, immatériel, celui de luxe depuis les périodes médiévales jusqu’à l’époque contemporaine. Il a pour objectif d’examiner notamment les imaginaires occidentaux relatifs aux mondes orientaux tels qu’ils sont véhiculés dans la culture du luxe depuis les époques anciennes, le phénomène des chinoiseries qui naquit durant la période des Han, en est une illustration parfaite. 

Les partenaires souhaiteraient créer un réseau de recherche qui permettrait des manifestations régulières sur la thématique, et accueillir la création d’une bourse de thèse dédiée à l’étude du luxe et un contrat postdoctoral, le tout pouvant être hébergé chez le porteur principal à l’université d’Orléans si elle acceptait de contribuer à une aide régulière de soutien du GIS. Des fondations ont été contactées.

 

- Le mont Altesina et son territoire (2024-2028)

 

Le site archéologique du mont Altesina (province d’Enna, Sicile) est situé sur la plus haute montagne de la Sicile centrale (1192 m). Les traces d’occupation du site vont de la préhistoire à l’époque moderne, révélant ainsi une longue durée d’occupation humaine. Parmi les dix hectares sur lesquels s’étendent les témoignages archéologiques, on peut en effet noter de nombreuses tombes de l’âge du bronze, un important établissement proto-urbain gréco-indigène entre les deux pics principaux (occupé de la fin du VIe au début du IIIe siècle avant J.-C.), réutilisé aux époques byzantine, proto-islamique et au début du Moyen Âge dans la zone sommitale, un établissement monastique daté entre la fin du Moyen Âge et le début de la période moderne et une « masseria » (ferme) fortifiée du XVIe-XVIIe siècle construite sur des structures préexistantes. En outre, Altesina a toujours été un pôle d’attraction pour les activités agro-pastorales jusqu’à aujourd’hui, étant donné la présence abondante de sources d’eau.

Les recherches archéologiques sur le site, menées par les Surintendances du patrimoine culturel d’Agrigente (1986-1988) et de Enna (1992, 2007), se sont limitées à certaines zones de la sommité du mont. Néanmoins, les découvertes archéologiques, dont des fragments de statues en terracotta d’excellente facture, ainsi que des oscilla et des louteria, ont révélé la présence d’une ou plusieurs zones cultuelles en plus d’une fonction résidentielle et défensive.

Mais c’est certainement la présence d’une épigraphe arabe in situ, creusé dans une paroi rocheuse au sommet du site et datable par paléographie au milieu du IXe siècle, qui constitue l’un des éléments archéologiques les plus importants de ce site qui situe l’établissement de l’Altesina dans le contexte de la conquête islamique de la Sicile. En effet, la source historique Kitāb al-Bayān de Ibn ʿIdhārı̄ mentionne qu’au cours du siège de la forteresse byzantine de Enna et de son territoire (en 241/855-6), le conquérant ʿAbbās ibn al-Faḍl établit son armée sur une montagne « inconquérable ». Par conséquent, compte tenu de la description et de la topographie des lieux autours de Enna, des données archéologiques de cette période (l’épigraphe arabe et le matériel archéologique de surface) et de la correspondance avec les données historiques rapportées par Ibn ʿIdhārı̄, il est probable que le mont Altesina était la montagne « inconquérable » où l’armée musulmane se serait installée. Le site a également revêtu une importance fondamentale au cours des siècles suivants. En effet, la subdivision administrative et géographique de l’île en trois « valli » (de l’arabe wilayat), dont le mont Altesina était le centre, est traditionnellement attribuée à la période islamique. Ce fait historique semble être confirmé par la présence de matériel archéologique postislamique. Enfin, les sources historiques incluent le mont Altesina et son territoire dans la liste des baronnies présentes dans cette région de la Sicile à partir de la période souabe.

 

Le projet exploratoire (2020-2023)

La première phase des recherches archéologiques sur le mont Altesina était certainement de nature exploratoire. En effet, par suite de la convention de recherche triennale signée entre la Surintendance de Enna, l’UMR Ausonius (Université Bordeaux-Montaigne) et la municipalité de Nicosia en septembre 2020, les activités archéologiques ont été fortement limitées par la situation pandémique, mais aussi par la carence de financements. Néanmoins, l’équipe de recherche coordonnée par Anna Caiozzo (POLEN, Université d’Orléans), Giuseppe Labisi (POLEN, Université d’Orléans et Ausonius, Université Bordeaux-Montaigne) et Carla Mancuso (directrice responsable de la section archéologique de la Surintendance de Enna) a obtenu des résultats importants. En effet, durant la période où il a été possible d’effectuer des travaux de terrain, l’étendue de la proto-ville gréco-indigène a été identifiée et des matériaux archéologiques datés ont été recueillis, confirmant la datation d’une des phases d’occupation du site entre la fin du VIe et le début du IIIe siècle av. J.-C. Aussi, des nombreuses tombes de l’âge du bronze (une soixantaine à ce jour) ont été localisées entre le sommet et les parties basses. Grâce aux prospections archéologiques de surface, il a été en outre possible d’identifier des phases d’occupation relatives aux périodes byzantine, byzantine tardive/proto-islamique et normano-souabe. Les relevés topographiques par drone ont permis d’obtenir un modèle numérique de terrain à haute résolution et de documenter en détail toutes les évidences archéologiques identifiées à ce jour, avec la création de fiches pour chaque entité archéologique et architecturale présente sur le site, y compris les structures du monastère susmentionné. Également, toutes les sources d’eau à l’intérieur de la zone archéologique et dans son voisinage immédiat ont été relevées, géoréférencées et documentées. Enfin, les études géologiques et anthropologiques préliminaires ont été entamées.

 

Projet "Le mont Altesina et son territoire (2024-2028)

La deuxième phase du projet (2024-2028) vise à comprendre les dynamiques de peuplement dans une perspective de longue durée du mont Altesina à travers une approche multidisciplinaire. En effet, les données préliminaires de la phase exploratoire de la recherche ont montré que ce site a un énorme potentiel de recherche, se révélant être l’un des plus importants de la Sicile centrale ; cependant, le site est largement méconnu à ce jour en raison des rares recherches qui y ont été menées, et surtout de manière non systématique, et en raison de fouilles illégales : en effet, depuis au moins les années 1970, les fouilleurs clandestins ont perturbé une grande partie du site archéologique et ce phénomène ne semble pas s’arrêter malgré les efforts considérables des institutions compétentes. Néanmoins, tout en tenant compte des limitations soulignées ci-dessus, afin d’atteindre les objectifs de recherche mentionnés, il est prévu de réaliser les opérations suivantes : effectuer des sondages archéologiques ciblés afin d’avoir une compréhension sûre des séquences stratigraphiques et occupationnelles du site ; poursuivre l’étude topographique des évidences archéologiques et concentrer l’attention sur l’ancien système routier ; effectuer des analyses géologiques détaillées pour la création de la carte géologique du Mont Altesina : ceci sera fondamental afin d’avoir une connaissance meilleure et plus complète des modèles de peuplement par rapport aux dynamiques environnementales qui caractérisent encore le site aujourd’hui ; lancer des recherches archéométriques sur les matériaux provenant à la fois des prospections de surface et, surtout, des fouilles archéologiques, et effectuer des recherches sur les matériaux de construction afin de contextualiser les dynamiques d’échanges entre le site de l’Altesina et d’autres sites archéologiques au cours des siècles ; poursuivre les enquêtes anthropologiques et folkloriques pour comprendre l’histoire orale relative au site et la perception de la montagne et du site archéologique par la population locale.
Enfin, en plus des organismes susmentionnés qui font partie de l’accord de recherche actuel (la Surintendance du patrimoine culturel de Enna et la municipalité de Nicosia), l’accord de recherche sera désormais porté par POLEN, Université Orléans.

Les résultats scientifiques seront présentés lors de conférences scientifiques nationales et internationales ainsi que dans des publications scientifiques. Les résultats finaux consisteront en la réalisation d’une exposition de vulgarisation multithématique et la publication d’une monographie scientifique en français et en italien dans laquelle seront rassemblés toutes les données et les résultats des recherches archéologiques sur le mont Altesina.

 

Membres du projet de recherche


Les membres du projet de recherche forment une équipe solide et interdisciplinaire qui a déjà été appréciée lors de la phase exploratoire du projet.
Directeurs : Carla Mancuso (Soprintendenza BBCCAA Enna) ; Anna Caiozzo (POLEN, Université Orléans) ; Giuseppe Labisi (POLEN, Université Orléans).
Membres participants :
Doctorants : Clémence Piquet-Delabrousse (POLEN, Université Orléans) ; Jade Clerc-Dejour (POLEN, Université Orléans) ; Aida Alavi (Ausonius, Université Bordeaux-Montaigne)
Archéologues : Rodolfo Brancato (topographie antique, Université « Federico II », Naples) ; Serena Raffiotta (archéologue hellénisante, indépendante).
Archéomètre : Simona Raneri (CNR Pisa).
Géologues : Vito Trecarichi (indépendant) ; Maurizio Bombace (LabGIS Région sicilienne).
Anthropologue : Gioele Zisa (Université La Sapienza, Rome – Université de Palerme).