Fils d'Ariane

University : Main content

Titre de page

Le mont Altesina et son territoire (2024-2028)

Share on |

Contenu de la page principale

Le site archéologique du mont Altesina (province d’Enna, Sicile) est situé sur la plus haute montagne de la Sicile centrale (1192 m). Les traces d’occupation du site vont de la préhistoire à l’époque moderne, révélant ainsi une longue durée d’occupation humaine. Parmi les dix hectares sur lesquels s’étendent les témoignages archéologiques, on peut en effet noter de nombreuses tombes de l’âge du bronze, un important établissement proto-urbain gréco-indigène entre les deux pics principaux (occupé de la fin du VIe au début du IIIe siècle avant J.-C.), réutilisé aux époques byzantine, proto-islamique et au début du Moyen Âge dans la zone sommitale, un établissement monastique daté entre la fin du Moyen Âge et le début de la période moderne et une « masseria » (ferme) fortifiée du XVIe-XVIIe siècle construite sur des structures préexistantes. En outre, Altesina a toujours été un pôle d’attraction pour les activités agro-pastorales jusqu’à aujourd’hui, étant donné la présence abondante de sources d’eau.

Les recherches archéologiques sur le site, menées par les Surintendances du patrimoine culturel d’Agrigente (1986-1988) et de Enna (1992, 2007), se sont limitées à certaines zones de la sommité du mont. Néanmoins, les découvertes archéologiques, dont des fragments de statues en terracotta d’excellente facture, ainsi que des oscilla et des louteria, ont révélé la présence d’une ou plusieurs zones cultuelles en plus d’une fonction résidentielle et défensive.

Mais c’est certainement la présence d’une épigraphe arabe in situ, creusé dans une paroi rocheuse au sommet du site et datable par paléographie au milieu du IXe siècle, qui constitue l’un des éléments archéologiques les plus importants de ce site qui situe l’établissement de l’Altesina dans le contexte de la conquête islamique de la Sicile. En effet, la source historique Kitāb al-Bayān de Ibn ʿIdhārı̄ mentionne qu’au cours du siège de la forteresse byzantine de Enna et de son territoire (en 241/855-6), le conquérant ʿAbbās ibn al-Faḍl établit son armée sur une montagne « inconquérable ». Par conséquent, compte tenu de la description et de la topographie des lieux autours de Enna, des données archéologiques de cette période (l’épigraphe arabe et le matériel archéologique de surface) et de la correspondance avec les données historiques rapportées par Ibn ʿIdhārı̄, il est probable que le mont Altesina était la montagne « inconquérable » où l’armée musulmane se serait installée. Le site a également revêtu une importance fondamentale au cours des siècles suivants. En effet, la subdivision administrative et géographique de l’île en trois « valli » (de l’arabe wilayat), dont le mont Altesina était le centre, est traditionnellement attribuée à la période islamique. Ce fait historique semble être confirmé par la présence de matériel archéologique postislamique. Enfin, les sources historiques incluent le mont Altesina et son territoire dans la liste des baronnies présentes dans cette région de la Sicile à partir de la période souabe.
 

Membres du projet de recherche

Les membres du projet de recherche forment une équipe solide et interdisciplinaire qui a déjà été appréciée lors de la phase exploratoire du projet.
Directeurs : Carla Mancuso (Soprintendenza BBCCAA Enna) ; Anna Caiozzo (POLEN, Université Orléans) ; Giuseppe Labisi (POLEN, Université Orléans).
Membres participants :
Doctorants : Clémence Piquet-Delabrousse (POLEN, Université Orléans) ; Jade Clerc-Dejour (POLEN, Université Orléans) ; Aida Alavi (Ausonius, Université Bordeaux-Montaigne)
Archéologues : Rodolfo Brancato (topographie antique, Université « Federico II », Naples) ; Serena Raffiotta (archéologue hellénisante, indépendante).
Archéomètre : Simona Raneri (CNR Pisa).
Géologues : Vito Trecarichi (indépendant) ; Maurizio Bombace (LabGIS Région sicilienne).
Anthropologue : Gioele Zisa (Université La Sapienza, Rome – Université de Palerme).

Image
altesina