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Programmes de recherche financés

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Les programmes de recherche financés de POLEN

CiSaMe (2023-2027)

  • ANR
  • Coordonné par Raphaël Eckert (Université de Strasbourg) et Corinne Leveleux-Teixeira (POLEN).
  • L'équipe associe trois laboratoires qui combinent compétences scientifiques (histoire du droit, de la théologie et de la philosophie, paléogrpahie, codicologie) et techniques : DRES (UMR 7354, CNRS-Université de Strasbourg), POLEN (EA 4710, Université d'Orléans), et LEM (UMR 8584, CNRS-EPHE, Sorbonne Université).
  • Le projet CiSaMe a pour but d'examiner à nouveaux frais la circulation des savoirs – juridiques, théologiques et philosophiques – au cours d'un long XIIe siècle (1050-1220), en amont de l'institutionnalisation des disciplines au sein de l'université médiévale. Il entend analyser, par une approche comparée, le processus de formation et de singularisation de ces disciplines, souvent présenté comme acquis dès avant 1200, alors même que l'époque est riche en termes d'hybridation des connaissances, d'interconnexion des réseaux (intellectuels, culturels) et marquée par l'intensité des échanges et transferts. Questionnant un lieu commun historiographique, le projet s'appuie sur l'étude croisée des traditions manuscrites des juristes, théologiens et artiens dont il entend restituer les contextes, réseaux, transferts et influences. Cet objectif est rendu possible par son inscription dans le champ des humanités numériques. CiSaMe s'appuie sur la constitution et l'exploitation d'une base de données par une équipe internationale pluridisciplinaire à l'aide des outils informatiques les plus récents. Le projet se concentrera plus spécialement sur deux thématiques principales, suffisamment riches pour permettre une approche significative des textes et assez circonscrites pour rendre les comparaisons légitimes. Le premier thème traite de la personne en tant que sujet, il s'intitule "intention et subjectivité" (axe 1) ; le second thème s'intéresse à la régulation politique des organisations et porte sur "Eglise, communauté et royaume" (axe 2).
  • Le projet sera rythmé selon un triple séquençage : a) un séminaire mensuel à l'EPHE pour mesurer l'avancement du projet (avec publication d'un carnet de recherche en ligne). b) un workshop annuel pour synthétiser les avancées et ouvrir de nouvelles perspectives (avec publications annuelles en ligne). c) la rédaction d'un ouvrage collaboratif en anglais en fin de projet à l'issue d'un colloque international présentant la base de données et son exploitation.

ThéoDDISés (2021-2022) – Droit et théologie au XIIe siècle

  • Coordonné par Raphaël Eckert (Université de Strasbourg) et Corinne Leveleux-Teixeira (POLEN).
  • Le projet ThéoDDISés a été retenu dans le cadre de l’appel à projets Inter-MSH du RnMSH 2020 (après un premier projet plus restreint, Theodric, MSH Val-de-Loire, 2020-2021).
  • ThéoDDISés (Théologie et Droit au XIIe siècle. Différenciations, Interactions, Singularités) représente la première étape d’une vaste enquête visant à examiner à frais nouveaux les rapports entre droit et théologie au XIIe siècle, en amont du processus de singularisation institutionnelle des disciplines dans le cadre de l’université médiévale.
  • Le carnet sur Hypotheses.

APR-IA DIMAGIR (2020-2023) : Divination, magie et répression à la fin du Moyen Âge

  • Direction : Julien Véronèse
  • Chercheurs impliqués dans le projet : Solène Baron (Paris IV) ; Jean-Patrice Boudet (Orléans, POLEN) ; Bruno Laurioux (Tours, CESR) ; Corinne Leveleux-Teixeira (Orléans, POLEN) ; Franck Mercier (Rennes 2) ; Laure Miolo (Paris, Observatoire) ; Martine Ostorero (Lausanne) ; Karol Skrzypczak (Orléans, POLEN) ; Alexandre Tur (Paris, BnF).
  • Financement Région Centre Val de Loire
  • Le projet : À compter du XIIe siècle, les cours d’Europe occidentale ont été des lieux de production, de conservation et de diffusion de textes et de savoirs nouveaux en partie importés des mondes arabes, grecs ou juifs, situés à la frontière entre le licite et l’illicite – voire au-delà de cette limite –, tels que l’astrologie, la divination et la magie. Face à ces savoirs et pratiques à la limite de la norme, l’État français naissant et les princes territoriaux ont hésité entre la répression, l’instrumentalisation et l’adhésion. Les princes laïcs ont ainsi joué un rôle important dans la répression de la magie démoniaque et de la sorcellerie au XVe siècle, tout en ayant de plus en plus souvent recours aux services d’astrologues, voire de magiciens « invocateurs de démons » pour satisfaire leur curiosité ou leurs ambitions politiques. Dans ce projet, nous étudierons par conséquent ces savoirs et ces pratiques astrologiques, divinatoires et magiques à la lumière de l’attitude souvent contradictoire des pouvoirs laïcs et ecclésiastiques à leur égard, en croisant les différents types de sources à notre disposition, tels que les prédictions astrologiques, les traités de magie et les actes de procès. Le projet dessine par conséquent un champ de recherche original qui se situe à la croisée de l’histoire culturelle et de l’histoire politique de la fin du Moyen Âge et qui entend de ce fait associer des compétences qui le sont rarement, ou du moins pas suffisamment : celles d’une part de spécialistes des traditions de textes astrologiques, divinatoires et magiques de la fin du Moyen Âge, qui travaillent sur leur diffusion et leur réception dans l’Occident latin ; celles, d’autre part, de spécialistes du droit, de la procédure judiciaire, de la majesté et de la souveraineté princières et de la répression de la sorcellerie, qui peuvent, dans le cadre de leurs recherches, rencontrer l’accusation de magie, parfois fondée sur des traditions bien attestées. S’il entend privilégier l’espace français, le projet définit en réalité une problématique qui pourrait être aisément élargie à l’Occident latin dans son ensemble. Dans l’immédiat, on se livrera à un certain nombre d’études de cas qui concernent le royaume de France des XIVe et XVe siècles, notamment par la réalisation d’éditions de textes astrologiques et magiques, mais aussi de textes de nature juridique et d’actes de procès à la tonalité toujours très politique.
  • Journées d'étude organisée le 16 juin 2020 (en visioconférence) et le 17 novembre 2021 à l'Université d'Orléans.
  • Co-financement du Colloque international MicrologusBetween Workshop and Court: The Recipe from the XIIth to the XVIIth Centuries (Europe, Islam, Far East) / Entre l'atelier et la cour : la recette du XIIe au XVIIe siècle (Europe, Islam, Extrême Orient), organisé par D. Ardesi, B. Laurioux, A. Paravicini Bagliani et C. Poirier, Tours, 25-28 avril 2022. 

APR-IR CORMÉCOULI : Corpus médiéval des comptabilités urbaines ligériennes

  • Direction pour l'Université d'Orléans : Juliette Dumasy
  • Partenaires : CETHIS (Université de Tours), IRAMAT (CNRS Orléans), MSH Val-de-Loire, CITERES (CNRS Tours).
  • Financement Région Centre Val de Loire
  • Le projet : Numérisation du "Corpus Médiéval des Comptabilités Ligériennes", c'est-à-dire la centaine de registres de comptabilité conservés pour les villes de Tours, Orléans et Amboise à partir de la fin du 14e siècle jusqu'à la fin du 15e siècle. Élaboration d'une base de données sur ces registres, interrogeable en ligne grâce à la création d'un site dédié. Étude des registres avec journées d'études, colloque et publication. Confection d'une mallette pédagogique à destination des enseignants du secondaire.
  • Post-doc sur 2 ans + stages rémunérés pour étudiants de Master.

 

PROGRAMMES PASSÉS

APR-IA ArchAT (2018-2021) : Les archives d'Augustin Thierry

  • Direction : Aude Déruelle
  • Financement Région Centre Val de Loire
  • Collaboration POLEN / IRHT
  • Fonds d'archives de Blois (AD 41, Bibliothèque Abbé Grégoire, AM)
  • Post-doctorat : Giorgia Vocino
  • Le projet : Augustin Thierry est un historien aveugle blésois du XIXe siècle dont les archives, ainsi que celles de sa famille, sont conservées à Blois dans quatre lieux : les AD 41, les Archives Municipales, le Château, la Bibliothèque Abbé Grégoire. Dans la première phase du projet, toutes ces archives ont été photographiées par l’IRHT (CNRS, Orléans). A l’issue de cette campagne, les archives du Château, qui étaient conservées dans des conditions inappropriées, ont rejoint le fonds des AM. L’IRHT a ensuite procédé à la mise en ligne des fonds Augustin Thierry sur le site de la BVMM, où elles sont en accès libre (https://bvmm.irht.cnrs.fr). L’équipe du projet (Université d’Orléans) a ainsi pu travailler sur ces archives, les transcrire, et étudier de près la manière dont s’organisait le travail d’Augustin Thierry en équipe (avec l’assistance de plusieurs secrétaires). Un site présentant le projet et ses résultats a été mis en ligne (https://archat.irht.cnrs.fr/). Unn site de consultation des « cahiers de la chambre » est en cours de construction (http://basex.irht.cnrs.fr/archat/accueil.html /). Parallèlement à ces travaux, l’équipe du projet (Université d’Orléans) a élaboré la première édition scientifique des Récits des temps mérovingiens, œuvre phare d’Augustin Thierry, qui paraîtra dans la collection « Bouquins » en 2023.
  • Site ArchAT

APR-IA EUDIREM (2016-2018) : Espaces urbains, dynamiques et identités religieuses dans l'Europe moderne

  • Direction : Élise Boillet (Tours, CESR) et Gaël Rideau (Orléans, POLEN)
  • Financement Région Centre Val de Loire
  • Le projet : Le programme est centré sur l’analyse des pratiques religieuses en lien avec l’espace urbain dans l’Europe moderne (XIVe-XVIIIe siècles). C’est dans le contexte urbain de cette longue période, caractérisé par de fortes dynamiques socio-économiques, politiques, culturelles et religieuses, que la laïcisation grandissante de la piété et de la spiritualité transforme profondément les pratiques religieuses. Parce que le sacré est de moins en moins contenu dans les seuls espaces ecclésiastiques, les sociétés urbaines sont travaillées par des phénomènes successifs de sacralisation de l’espace, aussi bien public que privé, qui s’enracine dans la pastorale religieuse, et de sécularisation de l’espace public. Cette dernière entraîne le rejet du religieux dans l’espace privé et le développement de nouvelles sacralités profanes et civiques. La thématique envisagée, qui inclut la visibilité du religieux dans l’espace public et son articulation avec l’espace privé, amène à interroger des problématiques qui entrent en résonance avec les sujets contemporains liés à la laïcité et à la coexistence des identités civiques et religieuses. À partir de la Devotio moderna au XIVe siècle, qui a préparé le terrain aux Réformes du XVIe siècle, les laïcs ont revendiqué une participation plus active à la vie chrétienne, vécue à la fois dans le for intérieur et dans la vie collective. Les habitants des villes, membres d’une paroisse, d’une corporation de métiers, d’une confrérie religieuse, d’un corps administratif ou éducatif, d’une communauté confessionnelle, vivent leur religion au sein de différentes structures civiles et religieuses ayant chacune une identité propre et dans un lien étroit entre pratiques privées et publiques, individuelles et collectives. On lit ainsi chez soi l’Évangile du jour avant de l’écouter à la messe, on participe à des discussions théologiques sur la place publique après le prêche d’un célèbre prédicateur itinérant, on retrouve sa «vive» voix dans un livre imprimé lu seul ou en communauté, on récite un psaume comme acte de dévotion individuelle et on le chante dans une procession. Ces pratiques transversales aux espaces privés et publics comptent ainsi l’usage de textes lus, récités ou chantés, les pratiques familiales et confraternelles de commensalité et de charité, de pénitence et de discipline, le culte privé et public des saints, la participation aux fêtes religieuses qui associent procession, prédication et théâtre religieux. Du point de vue méthodologique, la pluralité et la complexité des pratiques appelle une approche pluridisciplinaire engageant l’histoire médiévale et moderne (des villes, de l’Eglise, des confessions), la sociologie culturelle, l’histoire du livre, des littératures et des arts, la musicologie. On s’intéressera aussi  à la religion vécue, la notion d’expérience, issue de l’anthropologie culturelle et utilisée dans l’analyse des coexistences confessionnelles, est essentielle. Les pratiques vécues n’excluent pas le discours théorique et normatif, mais se le réapproprient, l’interprètent. Le rapport entre pratiques et discours est central, dans la mesure où l’expérience religieuse a stimulé toute une réflexion théologique, avec des développements philosophiques, politiques et esthétiques, sur la piété religieuse, ses ressorts intimes et ses manifestations extérieures (les spirituels du XVIe siècle, les courants jésuites, quiétistes et jansénistes des XVIIe-XVIIIe siècles, les réformes éclairées du XVIIIe siècle). L’un des enjeux de ces pratiques est d’affirmer une visibilité, visibilité dans un contexte historique donné et visibilité repérable par l’historien d’aujourd’hui, qui permet de poser la question du rapport du religieux à l’espace public. La ville est alors comprise comme objet d’analyse à part entière et non seulement comme cadre. Il s’agit bien d’une analyse dynamique entre ville et expérience religieuse.