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Cette thèse s’inscrit dans l’économie politique des ressources naturelles en Afrique, dans le contexte de la transition énergétique mondiale. Elle analyse comment la demande croissante en minerais stratégiques (cobalt, cuivre, gaz naturel, etc.) recompose les dynamiques d’aide internationale, d’investissement étranger, de fragilité et de développement durable dans les pays riches en ressources. À travers quatre chapitres empiriques, elle mobilise des données macroéconomiques, géolocalisées et géospatiales afin d’éclairer les implications économiques, environnementales et institutionnelles de cette transformation. Le premier chapitre examine l’évolution des flux d’aide au développement notamment en provenance de la Chine à destination des pays africains riches en ressources et détenteurs de minerais critiques nécessaires à la transition énergétique. En combinant données macro-pays et projets géolocalisés, les résultats montrent que ces pays reçoivent significativement plus d’aide, en particulier dans les secteurs des infrastructures et de l’énergie, ce qui soulève des défis de coordination entre bailleurs, de transparence et d’alignement avec les objectifs de développement à long terme. Le deuxième chapitre étudie les déterminants sectoriels de l’investissement direct étranger (IDE) chinois en Afrique, en mettant l’accent sur les industries extractives. Il met en évidence une réorientation progressive des IDE vers les métaux, le gaz et l’hydroélectricité, au détriment du pétrole, devenu moins attractif en raison de sa volatilité et des risques climatiques. Ces évolutions ont des implications directes pour les politiques industrielles, la planification des infrastructures et la diversification économique. Le troisième chapitre porte sur la République démocratique du Congo (RDC) et évalue dans quelle mesure l’augmentation de la demande mondiale en cobalt accroît les risques de conflit au niveau local. Grace à un modèle prédictif utilisant des données géospatiales, l’analyse montre une hausse du risque de conflits associée à l’intensification de la production de cobalt et à l’importance stratégique accrue de ce minerai dans la transition énergétique. Les résultats soulignent l’importance de renforcer les institutions locales, la régulation minière et les mécanismes de diligence raisonnable. Enfin, le quatrième chapitre évalue la contribution des IDE chinois au développement durable en Afrique. En mobilisant un ensemble d’indicateurs économiques, sociaux et environnementaux, les résultats montrent que ces investissements peuvent soutenir le développement durable lorsqu’ils financent des infrastructures de réseau (transport, électricité), améliorent l’accès à l’énergie y compris à des sources plus propres et génèrent des effets d’entraînement locaux (emplois, services, diversification). Toutefois, cet impact positif dépend fortement de la qualité institutionnelle, du respect de normes environnementales effectives et de l’existence de mécanismes de redevabilité capables d’encadrer les investissements et d’en répartir équitablement les retombées.